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La guerre aggrave la détresse des survivants de la Shoah en Israël
Plus d’un tiers des survivants déclarent avoir besoin d’une aide pour se procurer des produits alimentaires de base


La guerre en cours avec l’Iran accentue fortement la vulnérabilité des survivants de la Shoah vivant en Israël. Selon des données publiées ce lundi par l’association d’écoute et de soutien émotionnel Eran et la Fondation pour le bien-être des survivants de la Shoah, la détresse psychologique et matérielle de cette population connaît une hausse préoccupante depuis le 7 octobre.
Depuis le déclenchement de la guerre, plus de 11 600 appels ont été enregistrés par les services d’aide d’Eran. Fait marquant : près d’un tiers de ces demandes ont été recensées durant la récente opération militaire "Rugissement du Lion", signe d’une aggravation rapide de la situation. Sur le plan sécuritaire, environ 50 survivants ont vu leur domicile endommagé par les attaques, tandis que beaucoup d’autres vivent dans l’angoisse, faute d’abris adaptés lors des sirènes d’alerte.
À cette insécurité s’ajoute une précarité économique croissante. Plus d’un tiers des survivants déclarent avoir besoin d’une aide pour se procurer des produits alimentaires de base, et plus d’un quart affirment avoir dû renoncer à certains repas en raison de difficultés financières ou de limitations physiques entravant leurs déplacements.
La solitude constitue un autre facteur aggravant majeur. Environ 65 % des survivants, soit plus de 70 000 personnes, vivent seuls, et une large majorité d’entre eux est en situation de dépendance. Les témoignages recueillis sur le terrain décrivent des situations d’extrême vulnérabilité, à l’image d'une femme alitée contrainte de rester seule lors des alertes, tandis que son aide-soignante se réfugie à l’abri.
Face à cette réalité, le directeur général d’Eran, David Koren, souligne une évolution inquiétante de la souffrance psychologique au cours des dernières années, particulièrement depuis le début des opérations militaires récentes. Il insiste sur la nécessité, au-delà du devoir de mémoire, de prêter attention aux survivants encore en vie et à leurs besoins quotidiens, rappelant que leur détresse appelle une réponse immédiate et humaine.