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ADN : une étude révèle une remarquable continuité génétique au sein des populations juives
La docteure Raquel Levy Toledano présente les conclusions d’Avotaynu DNA, qui étudie le chromosome Y pour retracer les lignées paternelles et les origines juives.


Le patrimoine génétique des populations juives est resté « remarquablement conservé » malgré près de 2 000 ans d'exil, affirme la docteure Raquel Levy Toledano, co-administratrice du projet Avotaynu DNA, invitée de l'émission Regards Croisés sur i24NEWS.
Cette étude internationale s'appuie sur l'analyse du chromosome Y, transmis de père en fils. Contrairement aux autres chromosomes, il se modifie très peu au fil des générations, ce qui permet de retracer les lignées paternelles et d'étudier les origines ancestrales.
La base de données du projet rassemble déjà plus de 8 000 hommes juifs ayant réalisé un test génétique. Pour cette étude, les chercheurs se sont particulièrement intéressés à 300 participants d'origine juive marocaine, dont la filiation paternelle marocaine a été confirmée sur plusieurs générations.
L'une des principales conclusions est que près de 80 % des lignées paternelles des Juifs marocains remontent au Moyen Âge. Selon la chercheuse, les analyses montrent également une faible influence génétique des populations rencontrées durant les siècles d'exil, malgré les nombreuses migrations.
L'étude met aussi en évidence des lignées paternelles communes entre Juifs marocains et Juifs ashkénazes. Selon Raquel Levy Toledano, ces lignées partagent un ancêtre commun d'origine moyen-orientale. Grâce au chromosome Y, les chercheurs estiment que leur séparation ne remonte pas à la révolte de Bar Kokhba, mais entre le IVᵉ et le VIIIᵉ siècle.
Deux scénarios migratoires sont avancés. Le premier évoque une migration passant par le nord de l'Italie puis l'Europe occidentale vers les territoires ashkénazes. Le second, que la chercheuse juge particulièrement intéressant, situe cette séparation en Terre sainte, dans le contexte des conflits entre l'Empire byzantin et les Sassanides, ainsi que des bouleversements liés aux conquêtes arabes.
Pour Raquel Levy Toledano, la découverte la plus marquante reste toutefois la préservation du patrimoine génétique malgré deux millénaires de diaspora.
« Après 2 000 ans d'exil, le patrimoine génétique des Juifs est resté remarquablement conservé. »
Elle précise enfin que les travaux se poursuivent sur d'autres communautés juives, notamment ashkénazes, irakiennes, yéménites, indiennes, chinoises et romaniotes, dont les résultats seront publiés progressivement.