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L’Iran cible le Golfe pour faire pression sur Washington, analyse Nathanaël Chouraqui
En visant les infrastructures énergétiques des alliés du Golfe, l’Iran cherche à déplacer le rapport de force et à faire pression indirectement sur Washington.


Les récentes frappes iraniennes contre des infrastructures énergétiques aux Émirats, à Bahreïn et au Koweït s’inscrivent dans une stratégie mûrement réfléchie, selon Nathanaël Chouraqui, spécialiste du Moyen-Orient. Pour lui, Téhéran ne cherche pas seulement à riposter aux frappes israélo-américaines, mais à déplacer le centre de gravité du conflit en visant le véritable point sensible des États-Unis : leurs alliés du Golfe.
Ces attaques interviennent après une série de frappes visant des sites clés en Iran, notamment des installations pétrochimiques et, selon certaines déclarations israéliennes, des capacités industrielles liées à l’effort militaire. En réponse, l’Iran aurait choisi de frapper des cibles énergétiques dans le Golfe, dans une logique de rééquilibrage stratégique. L’objectif : contraindre Washington à reconsidérer le coût politique et régional de la guerre.
Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont ni les pertes humaines américaines ni les fluctuations du marché pétrolier qui constituent le principal levier de pression sur les États-Unis. Nathanaël Chouraqui souligne que Washington dispose d’une relative autonomie énergétique et que l’opinion publique américaine n’est pas, à ce stade, profondément affectée. En revanche, une déstabilisation durable des alliés du Golfe représenterait un enjeu bien plus critique pour la stratégie américaine dans la région.
Face à ces attaques, les pays du Golfe adoptent une posture mesurée. Ils ont, selon l’analyste, parfaitement identifié la stratégie iranienne d’embrasement régional et cherchent à éviter toute escalade directe. Plutôt que de répondre militairement, ils privilégient une forme de retenue, laissant aux États-Unis et à Israël le soin de mener les opérations contre Téhéran.
Cette prudence s’explique également par la nature asymétrique du conflit. Des attaques menées à l’aide de drones peu coûteux peuvent provoquer des dégâts considérables sur des infrastructures critiques, générant des pertes économiques massives. Dans ce contexte, une riposte directe risquerait de s’avérer bien plus coûteuse pour les États du Golfe que pour l’Iran.
Pour Nathanaël Chouraqui, cette séquence illustre une évolution majeure du conflit : une guerre indirecte, où chaque acteur cherche à frapper là où l’impact stratégique est maximal, sans nécessairement s’exposer à un affrontement frontal.