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Liban–Israël : pour Shadi Khalloul, "pas de paix sans neutraliser le Hezbollah"
Pour Shadi Khalloul, toute perspective de paix entre Israël et le Liban reste conditionnée au désarmement du Hezbollah et à la fin de l’influence iranienne, dans un pays profondément fragmenté.


L’hypothèse d’un apaisement durable entre Israël et le Liban reste, à ce stade, largement théorique. Invité d’i24NEWS, Shadi Khalloul, expert du Hezbollah et ancien officier de la zone de sécurité du Sud-Liban, dresse un constat sans détour : la paix existe comme horizon, mais pas comme réalité immédiate.
Selon lui, l’obstacle principal n’est pas Israël, mais la structure même de la société libanaise, fragmentée entre communautés aux intérêts divergents. « On a forcé des peuples à vivre ensemble, et cette expérience a échoué », résume-t-il, rappelant que l’histoire du Liban est jalonnée d’occasions manquées, notamment depuis l’installation de groupes armés palestiniens dans les années 1960, qui ont transformé le territoire libanais en base de confrontation avec Israël.
Dans ce contexte, toute perspective de paix se heurte aujourd’hui à un verrou central : le Hezbollah. Pour Shadi Khalloul, aucune avancée n’est possible sans son désarmement. « Avant de parler de paix, il faut éradiquer le Hezbollah, le désarmer et éliminer ceux qui menacent les dirigeants libanais favorables à un accord », insiste-t-il. Il souligne également la nécessité de rompre le lien stratégique entre le Liban et l’Iran, condition essentielle à toute stabilisation.
L’initiative diplomatique américaine, portée notamment par Donald Trump, suscite un certain scepticisme. Si Khalloul reconnaît la volonté de Washington, il estime qu’une paix rapide est irréaliste tant que les fondamentaux sécuritaires ne sont pas traités. « Sinon, ce ne sont que des paroles, et les combats continueront », avertit-il.
Sur le terrain, la situation reste explosive. Dans le nord d’Israël, les populations vivent sous la menace constante de tirs de roquettes et de drones. « Les habitants veulent simplement vivre normalement et élever leurs enfants en sécurité », rappelle-t-il.
Pour autant, Khalloul ne ferme pas la porte à un avenir différent. Il évoque le potentiel d’une « paix entre les peuples », portée par certaines composantes de la société libanaise, notamment chrétiennes, druzes et sunnites. Mais cette perspective dépendra d’un basculement interne profond, capable d’affaiblir les forces hostiles à toute normalisation.
En creux, son analyse souligne une réalité : sans transformation structurelle du Liban et affaiblissement du Hezbollah, la paix restera un objectif lointain.