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Nucléaire iranien : Marc Lefèvre alerte sur les zones d’ombre du dossier
Il a souligné la menace potentielle liée à la filière plutonium, souvent éclipsée par la question de l’enrichissement de l’uranium.


Invité de La Grande Édition ce dimanche soir, le physicien et consultant en sécurité nucléaire Marc Lefèvre a dressé un constat préoccupant sur l’état des négociations autour du programme iranien. Selon lui, la situation demeure « totalement incertaine », tant les positions affichées par Washington et Téhéran semblent contradictoires.
Alors que l’Iran a longtemps affirmé ne pas vouloir descendre en dessous d’un enrichissement d’uranium à 60 % — seuil proche du niveau militaire fixé à 90 % —, certaines déclarations récentes évoquent un possible retour à un niveau « symbolique ». De son côté, l’émissaire américain maintient l’exigence d’un enrichissement zéro. « Nous sommes face à une grande confusion », résume l’expert.
Marc Lefèvre souligne également la dimension politique du dossier. Donald Trump, explique-t-il, serait pris entre la réticence de son électorat à une nouvelle intervention militaire et la pression régionale pour contenir l’Iran. Dans ce contexte, la mise en avant d’une « menace nucléaire imminente » pourrait servir de levier diplomatique pour afficher un succès stratégique. Mais l’expert s’interroge : un éventuel accord offrirait-il réellement plus de garanties que celui conclu sous Barack Obama, puis dénoncé par l’actuel président ?
Au-delà du débat sur l’enrichissement de l’uranium, Marc Lefèvre met en garde contre un angle mort souvent négligé : la filière plutonium. « Le véritable danger de prolifération ne réside pas uniquement dans l’uranium », affirme-t-il. Une arme au plutonium nécessiterait moins de matière fissile et pourrait être développée plus discrètement, via un réacteur de recherche et un retraitement du combustible irradié.
Or, rappelle-t-il, l’Iran dispose notamment du réacteur de recherche d’Arak, ainsi que d’autres installations moins médiatisées. « Si l’on parle sérieusement de menace nucléaire, il faut aussi examiner la filière plutonium », conclut-il, appelant à une vigilance accrue sur l’ensemble du cycle nucléaire iranien.