Banque d'Israël : une nouvelle baisse des taux d'intérêt loin d'être acquise
"Le niveau d'incertitude a augmenté", a estimé le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron


Le gouverneur de la Banque d'Israël Amir Yaron a tempéré les attentes autour d'une nouvelle baisse des taux d'intérêt, après deux réductions consécutives. Dans un entretien accordé à Bloomberg, il a assuré que "tout reste ouvert" avant la prochaine réunion du comité monétaire, prévue dans deux semaines.
Les dernières projections de la Banque d'Israël avaient alimenté les anticipations d'une poursuite de l'assouplissement monétaire, avec un taux susceptible de revenir autour de 3 % d'ici un an. L'institution est parallèlement soumise à des pressions croissantes de la part des entreprises technologiques exportatrices ainsi que du ministre des Finances Betsalel Smotrich, qui souhaitent une baisse du coût du crédit afin de soutenir une économie pénalisée par l'appréciation du shekel.
Amir Yaron a toutefois souligné que "le niveau d'incertitude a augmenté" depuis la dernière décision sur les taux. Selon lui, la Banque d'Israël devra prendre en compte l'état du marché du travail, l'inflation ainsi que les risques géopolitiques et budgétaires avant de trancher.
L'inflation annuelle est récemment retombée à 1,5 %, soit nettement à l'intérieur de la fourchette cible de 1 à 3 % fixée par le gouvernement. Le gouverneur anticipe néanmoins un rebond vers 2 % dans les prochains mois. "Tous ces éléments seront sur la table lors de la prochaine réunion", a-t-il indiqué.
Amir Yaron a par ailleurs estimé que l'économie israélienne avait fait preuve de résilience tout au long de la guerre, citant notamment le niveau des dépenses par carte bancaire et les entrées de capitaux dans le secteur du capital-risque. Il a toutefois averti que le prochain gouvernement serait confronté à un important défi budgétaire : ramener la dette publique sur une trajectoire descendante, maîtriser les dépenses de défense et investir dans la croissance. "Il sera difficile de gérer ces trois éléments simultanément", a-t-il reconnu.
Le président de l'Association des entrepreneurs du bâtiment Boney Haaretz a de son côté vivement critiqué l'idée d'un report d'une nouvelle baisse des taux, estimant qu'une telle décision pourrait provoquer cette année l'effondrement de centaines d'entreprises du secteur et mettre en difficulté des dizaines de milliers de familles.