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Portrait | Mansour Abbas, le pari pragmatique de la politique arabe israélienne
Plutôt que de rester dans une opposition permanente, il entend utiliser le poids électoral de sa communauté pour obtenir des budgets, et lutter contre la criminalité qui frappe les villes arabes.


Né le 22 avril 1974 à Maghar, en Galilée, Mansour Abbas grandit dans une famille arabe musulmane. Dentiste de formation, il s'engage dans la branche sud du Mouvement islamique israélien, dont est issu le parti Raam (Liste arabe unie). Il en prend la direction en 2018, avant d'entrer à la Knesset en 2019.
Contrairement à d'autres dirigeants arabes israéliens, Abbas privilégie rapidement une approche pragmatique. Plutôt que de rester dans une opposition permanente, il entend utiliser le poids électoral de sa communauté pour obtenir des budgets, améliorer les infrastructures et lutter contre la criminalité qui frappe les villes arabes.
En 2021, il rompt avec la Liste commune, qui rassemble plusieurs formations arabes, et réalise un pari inédit : faire entrer Raam dans la coalition dirigée par Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Pour la première fois, un parti arabe indépendant participe à une coalition gouvernementale israélienne. L'alliance, qui réunit des formations aux convictions parfois opposées, contribue à écarter Benjamin Netanyahou du pouvoir.
Cette décision lui vaut de nombreuses critiques. Une partie de l'électorat arabe lui reproche de cautionner un gouvernement qui poursuit la politique israélienne en Judée-Samarie. À droite, ses adversaires dénoncent l'influence d'un parti islamiste sur les décisions nationales. Abbas assume cette stratégie, convaincu que la participation au pouvoir peut apporter davantage que la contestation.
Sur le conflit israélo-palestinien, il défend la création d'un État palestinien et s'oppose à l'expansion des implantations. Après le 7 octobre 2023, il condamne les attaques contre les civils et appelle à mettre fin à la guerre à Gaza. Il maintient néanmoins sa volonté de coopération politique entre Juifs et Arabes, malgré la dégradation de leurs relations.
En août 2026, Abbas surprend à nouveau en accueillant sur sa liste Yoav Segalovitz, ancien député centriste de Yesh Atid et ancien haut responsable de la police israélienne. Ce Juif sioniste, placé en deuxième position, s'était notamment illustré dans la lutte contre la criminalité organisée dans la société arabe. Une alliance inhabituelle pour un parti issu du mouvement islamique, destinée à élargir son audience et à faciliter son retour dans une coalition.
Ce choix accentue toutefois ses divergences avec les autres partis arabes, qui lui reprochent de privilégier les compromis avec les formations sionistes au détriment d'une représentation politique commune.
À l'approche des élections du 27 octobre 2026, Abbas espère jouer une nouvelle fois les arbitres. Mais plusieurs dirigeants de l'opposition refusent de gouverner avec Raam, malgré leur volonté de remplacer Netanyahou. Crédité d'environ cinq sièges dans les sondages, il pourrait néanmoins détenir une partie des voix nécessaires à la formation d'une majorité. Son principal défi reste de convaincre que son pragmatisme peut produire des résultats concrets.
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