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Portrait | Betsalel Smotrich, l'idéologue de la droite religieuse israélienne
Ministre des Transports en 2019, il prend ensuite la tête du Parti sioniste religieux. Son alliance électorale avec Itamar Ben Gvir en 2022 contribue à la victoire du bloc de Benjamin Netanyahou.


Né le 27 février 1980 à Haspin, sur le plateau du Golan, Bezalel Smotrich grandit dans un milieu sioniste religieux. Installé en Judée-Samarie, il étudie dans des institutions rabbiniques avant de suivre une formation juridique. Très tôt engagé dans le mouvement des implantations, il s'oppose au retrait israélien de Gaza en 2005. Arrêté cette année-là, soupçonné de préparer des actions violentes pour empêcher l'évacuation, il est détenu plusieurs semaines sans être inculpé.
Élu à la Knesset en 2015, il s'impose progressivement comme l'une des figures de la droite nationaliste religieuse. Ministre des Transports en 2019, il prend ensuite la tête du Parti sioniste religieux. Son alliance électorale avec Itamar Ben Gvir en 2022 contribue à la victoire du bloc de Benjamin Netanyahou.
Nommé ministre des Finances en décembre 2022, il obtient également d'importantes prérogatives sur l'administration civile en Judée-Samarie. Il utilise ces fonctions pour accélérer le développement des implantations et renforcer le contrôle israélien sur le territoire. Opposé à la création d'un État palestinien, il défend ouvertement l'application de la souveraineté israélienne à la Judée-Samarie.
Ses déclarations provoquent régulièrement des controverses. En 2023, après une attaque meurtrière contre deux Israéliens, il affirme que le village palestinien de Huwara devrait être « effacé », avant de revenir sur ses propos. Plusieurs pays occidentaux le sanctionnent ou lui interdisent l'entrée sur leur territoire.
Après le 7 octobre 2023, Smotrich défend la poursuite de la guerre à Gaza jusqu'à l'élimination du Hamas. Il s'oppose à plusieurs accords de cessez-le-feu et préconise le retour d'implantations israéliennes dans l'enclave, ainsi que le départ de sa population palestinienne, présenté comme volontaire. Des positions vivement condamnées à l'étranger.
Sur le plan économique, son bilan de ministre des Finances est marqué par le coût considérable de la guerre, l'augmentation des dépenses militaires et les tensions sur le budget de l'État. Ses adversaires lui reprochent de privilégier ses objectifs idéologiques au détriment des préoccupations économiques.
À l'approche des élections du 27 octobre 2026, Smotrich tente de consolider son électorat. En septembre, il conclut une alliance avec Moshe Feiglin, ancien député du Likoud et dirigeant du parti Zehut, pour éviter la dispersion des voix de la droite. Il cherche également à convaincre l'ancien général Ofer Winter de renoncer à sa candidature.
Mais sa survie politique reste incertaine. Fragilisé dans les sondages et concurrencé par Ben Gvir et Winter, Smotrich risque de ne pas franchir le seuil électoral.
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