Le ministère de l’Intérieur classe LFI parmi les partis d’extrême gauche
Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une dérive politique, évoquant une "république bananière" et accusant le ministre de l’Intérieur de prendre une décision "à la Trump"


C’est une décision administrative aux résonances politiques fortes. Dans une circulaire rendue publique mardi, le ministère de l’Intérieur classe désormais La France insoumise (LFI) parmi les partis d’extrême gauche. Une première pour le mouvement, jusqu’ici rangé dans le bloc de la gauche aux côtés des socialistes, des écologistes ou du Parti communiste.
Cette requalification intervient à l’occasion de la publication d’une circulaire électorale, un document diffusé avant chaque grand scrutin afin de fournir un cadre de référence pour la présentation et la catégorisation des candidats, à destination notamment des préfectures et des électeurs. Jusqu’à présent, seules des formations comme Lutte ouvrière ou le Nouveau Parti anticapitaliste figuraient dans la catégorie "extrême gauche".
https://x.com/i/web/status/2019121031848370532
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La décision a immédiatement suscité une vive réaction du côté des insoumis. Le leader du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une dérive politique, évoquant une "république bananière" et accusant le ministre de l’Intérieur de prendre une décision "à la Trump". Pour LFI, ce classement relève d’une manœuvre politique plus que d’une analyse objective.
Un point alimente particulièrement la controverse : le ministère n’a pas détaillé les critères ayant conduit à ce changement de classification. D’autant plus que le statut de LFI au sein du bloc de gauche avait été confirmé récemment. En mars 2024, le Conseil d’État avait validé le classement du mouvement parmi les partis de gauche, dans un avis faisant jurisprudence.
Face à cette volte-face, La France insoumise a annoncé saisir à nouveau le Conseil d’État afin de contester la circulaire. Reste une inconnue majeure : le calendrier. À un peu moins de quarante jours du prochain scrutin, rien ne garantit que la haute juridiction administrative se prononcera avant l’échéance électorale.
En attendant, cette reclassification risque de nourrir un débat politique déjà tendu, en plein cœur de la campagne, sur la place de LFI dans le paysage politique français et sur le rôle de l’État dans la définition des étiquettes partisanes.