Marseille : le concert d'Amir annulé après des appels au boycott
Le CRIF dénonce une atteinte à la liberté culturelle


Le concert gratuit d'Amir Haddad prévu dimanche 26 juillet sur le toit du centre commercial Les Terrasses du Port, à Marseille, a été annulé pour des "raisons de sécurité", après plusieurs appels au boycott et l'annonce de rassemblements de soutien aux Palestiniens. L'artiste franco-israélien devait participer à la quatrième soirée des "Sunset Live", aux côtés d'Adèle Castillon, Peter Cincotti et Oria.
Les organisateurs, Les Terrasses du Port et Radio Star, ont expliqué que cette décision devait permettre de protéger les artistes, le public et les équipes présentes sur le site. Selon le CRIF Marseille-Provence, la configuration très ouverte du centre commercial, qui compte 23 accès, ne permettait pas d'assurer l'événement dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Plusieurs collectifs propalestiniens avaient appelé au boycott du concert. Le groupe local de l'Association France Palestine Solidarité reprochait notamment à Amir Haddad son soutien à Israël, sa participation présumée à des événements organisés dans des implantations israéliennes ainsi que certaines de ses prises de position sur la guerre dans la bande de Gaza.
L'Union Palestine Marseille s'est félicitée de l'annulation, la présentant comme une "victoire de la mobilisation populaire". L'organisation affirme toutefois que sa démarche était exclusivement pacifique et qu'aucun appel à la violence n'avait été lancé. Elle revendique l'exercice d'un droit démocratique consistant à interpeller, informer et appeler au boycott.
Dans un communiqué publié jeudi, le CRIF Marseille-Provence a vivement dénoncé cette réaction. Son président, Bruno Benjamin, estime que la pression militante a dépassé le cadre du débat politique dès lors qu'elle a conduit les organisateurs à renoncer au concert. "De quelle victoire parle-t-on ? Celle d'avoir empêché un artiste de chanter ? Celle d'avoir privé des milliers de personnes d'un moment de musique et de rassemblement ?", interroge l'organisation.
Le CRIF Marseille-Provence refuse que l'identité franco-israélienne d'un artiste puisse devenir "un motif de mise à l'index" et a exprimé son soutien à Amir Haddad ainsi qu'aux personnes privées de l'événement. "Une démocratie ne peut accepter que ceux qui exercent la plus forte pression décident désormais quels artistes ont le droit de se produire", affirme-t-il.
Cette annulation intervient quelques jours après l'interruption du concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble. Des militants propalestiniens avaient fait irruption pendant sa prestation, marquée, selon l'artiste, par des cris, des insultes et des jets de projectiles.