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Journée de la Shoah : la BBC encore contrainte de s'excuser après avoir omis le mot "Juifs"
Le radiodiffuseur public britannique a évoqué "une journée à la mémoire des six millions de personnes assassinées", sans mentionner explicitement que les victimes étaient juives


Une nouvelle polémique a éclaté autour de la BBC à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de la Shoah. Lors d’une émission diffusée mardi, une présentatrice du radiodiffuseur public britannique a évoqué "une journée à la mémoire des six millions de personnes assassinées", sans mentionner explicitement que les victimes étaient juives. Cette omission a rapidement suscité une vague d’indignation et de critiques sur les réseaux sociaux.
Face à la controverse, la BBC a présenté des excuses. Plusieurs responsables et observateurs ont dénoncé une formulation jugée inacceptable dans le contexte de la Shoah. L’ancien envoyé spécial du Royaume-Uni, Lord Eric Pickles, a notamment qualifié cette omission d’"exemple clair de distorsion de la Shoah", estimant qu’elle relevait d’une forme de négationnisme. Il a appelé le groupe audiovisuel public à "combattre l’antisémitisme plutôt que d’y contribuer".
Cet incident intervient dans un climat déjà tendu pour la BBC. L’été dernier, le radiodiffuseur avait annoncé le lancement prochain d’un programme interne de grande ampleur destiné à renforcer la sensibilisation à l’antisémitisme parmi ses employés. Cette initiative faisait suite à une série d’affaires et à des accusations récurrentes faisant état d’un antisémitisme qualifié de "structurel" au sein de l’institution.
Selon une enquête du quotidien The Telegraph, la direction de la BBC aurait, à plusieurs reprises, sous-estimé la gravité de signalements liés à des comportements ou propos antisémites en interne. Des sources citées par le journal évoquent des cas répétés où des employés auraient exprimé librement, notamment sur les réseaux sociaux, des opinions hostiles à l’égard des Juifs, du sionisme, d’Israël ou encore des accusations de génocide. Si certains de ces épisodes ont été rendus publics, beaucoup d’autres n’auraient jamais été médiatisés et feraient actuellement l’objet d’enquêtes par les ressources humaines.
La nouvelle controverse ravive ainsi le débat sur le traitement de la Shoah et de l’antisémitisme au sein du service public audiovisuel britannique, régulièrement accusé de manquer de vigilance sur ces questions sensibles.