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La France et la Suède poussent l’UE à limiter les importations en provenance des implantations israéliennes
Paris et Stockholm estiment que l’existence d’une présence civile israélienne permanente en Judée-Samarie n’est pas compatible avec l’accord d’association liant l’UE à Israël


La France et la Suède accentuent la pression sur l'Union européenne pour adopter des mesures ciblant les implantations israéliennes de Judée-Samarie. Selon un document révélé par Politico, Paris et Stockholm demandent l’interdiction des importations issues de ces implantations, estimant que l’existence d’une présence civile permanente dans ces territoires n’est pas compatible avec l’accord d’association liant l’UE à Israël.
Les deux capitales invitent également la Commission européenne à examiner rapidement d’autres leviers, notamment l’instauration de droits de douane sur ces produits et des restrictions commerciales supplémentaires. Cette initiative intervient alors que plusieurs États membres cherchent à durcir le ton vis-à-vis d’Israël dans le contexte régional actuel.
Parallèlement, l’Espagne plaide pour une suspension pure et simple de l’accord d’association entre l'UE et Israël. Toutefois, selon des diplomates européens cités par Euronews, cette option a peu de chances d’aboutir lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères prévue à Bruxelles, faute de consensus entre les Vingt-Sept. La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a rappelé qu’une telle décision nécessiterait l’unanimité, alors que des pays comme l’Allemagne et l’Italie restent opposés à cette démarche.
Kaja Kallas a néanmoins indiqué que d’autres instruments de pression étaient à l’étude, notamment des sanctions contre des "colons extrémistes" en Judée-Samarie. Une suspension partielle de l’accord d’association figure aussi parmi les scénarios évoqués, une mesure qui ne nécessiterait pas nécessairement l’accord de tous les États membres. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait déjà mentionné cette possibilité.
L’accord d’association constitue le socle juridique des relations entre Israël et l’Union européenne et encadre l’essentiel des échanges commerciaux, ainsi que la coopération politique, sociale et culturelle. Ces dernières années, Bruxelles a régulièrement débattu de sanctions potentielles contre Israël, y compris des restrictions commerciales ou un embargo sur les armes.
Le débat européen pourrait aussi être influencé par l’évolution politique en Hongrie. Le dirigeant pro-européen Péter Magyar doit succéder à Viktor Orbán, proche allié d’Israël au sein de l’UE. Péter Magyar a toutefois déjà assuré que son gouvernement continuerait à bloquer certaines décisions hostiles à Israël, tout en précisant que chaque dossier serait examiné au cas par cas.