- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- En Iran, les radicaux plaident pour une guerre régionale de grande ampleur
En Iran, les radicaux plaident pour une guerre régionale de grande ampleur
Certains plaident pour des attaques préventives contre les pays du Golfe, ainsi que pour une stratégie destinée à provoquer une flambée des prix mondiaux de l’énergie


Un profond débat stratégique agite actuellement les cercles du pouvoir en Iran. Alors que la priorité était jusqu’ici donnée à la riposte contre les États-Unis, des voix de plus en plus nombreuses au sein du camp radical appellent désormais à élargir considérablement le champ de la confrontation.
Selon ces responsables et commentateurs proches de l’appareil sécuritaire, l’Iran devrait envisager de frapper directement les pays du Golfe accusés d’accueillir des bases américaines ou de soutenir les opérations de Washington. Certains plaident même pour des attaques préventives contre ces États, ainsi que pour une stratégie destinée à provoquer une flambée des prix mondiaux de l’énergie.
Parmi les scénarios évoqués figurent des frappes contre des installations pétrolières et des infrastructures énergétiques, avec l’idée d’imposer un coût économique précis pour chaque victime iranienne. Des appels à préparer l’évacuation de certaines populations du Golfe en prévision d’une escalade régionale plus vaste ont également été entendus.
Le débat porte aussi sur le programme nucléaire. Des membres du courant radical demandent une accélération des activités nucléaires, un retrait complet des mécanismes internationaux de contrôle et, à terme, l’acquisition de l’arme nucléaire en réponse aux menaces américaines.
Ces propositions ne constituent pas, à ce stade, la politique officielle de Téhéran. Elles témoignent néanmoins d’une évolution dans les milieux conservateurs, idéologiques et sécuritaires iraniens. Une nouvelle doctrine semble s’y dessiner : la prochaine guerre ne viserait plus seulement Israël ou les États-Unis, mais l’ensemble de l’ordre régional pro-américain, avec les monarchies du Golfe en première ligne.
Un précédent alimente les inquiétudes. Pendant des années, la fermeture du détroit d’Ormuz n’était pas non plus présentée comme une politique officielle, mais comme une menace brandie par des commandants des Gardiens de la révolution, des parlementaires et des médias proches du régime. Le pouvoir politique entretenait alors l’ambiguïté, jusqu’à ce que l’élargissement du conflit transforme progressivement cette menace en option opérationnelle.