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Iran : les divisions s’accentuent autour de l’accord avec Washington
Les factions les plus radicales multiplient les attaques contre le processus diplomatique et réclament la poursuite des hostilés avec Washington, révélant les fractures au sommet du pouvoir.


Les divisions au sommet du pouvoir iranien s’intensifient autour des négociations en cours avec les États-Unis, selon des informations publiées par le New York Times. Alors que certains responsables plaident pour un accord rapide afin d’éviter une aggravation de la crise économique, les factions les plus radicales continuent de réclamer une ligne dure face à Washington.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui-même critiqué cette semaine la télévision d’État, contrôlée par les conservateurs, l’accusant d’alimenter les divisions internes et de présenter les négociations comme un échec. « Même le Guide suprême Mojtaba Khamenei a accepté que nous devions nous asseoir à la table des négociations », a-t-il déclaré. « Et maintenant, on explique au public qu’il ne faut pas négocier. »
Vendredi, plusieurs milliers de partisans du camp radical se sont réunis à Téhéran pour réclamer la poursuite de l’affrontement avec les États-Unis. Le président de la commission parlementaire de la Sécurité nationale, Ebrahim Azizi, a affirmé que « Trump doit comprendre que c’est l’Iran, vainqueur sur le champ de bataille, qui fixe les conditions ».
Selon le quotidien américain, les tensions touchent également les plus hautes sphères du régime. Même le Guide suprême Mojtaba Khamenei ferait l’objet de critiques de la part de certains religieux et parlementaires ultraconservateurs.
Deux responsables iraniens ont par ailleurs révélé l’existence d’affrontements au sein du Conseil suprême de sécurité nationale. Selon eux, Ali Bagheri Kani, figure du camp radical, aurait tenté d’affaiblir l’équipe chargée des négociations avec Washington en demandant au Guide suprême d’imposer des limites plus strictes aux discussions.
À l’inverse, Pezeshkian et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, auraient adressé une lettre commune à Mojtaba Khamenei pour l’alerter sur la gravité de la situation économique. Ils auraient mis en garde contre une crise budgétaire majeure et le risque de nouvelles manifestations de masse si aucun accord n’était conclu avec les États-Unis.
Ces révélations illustrent l’ampleur des luttes internes qui traversent aujourd’hui le régime iranien à un moment décisif des négociations avec Washington.