- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Israël divisé sur les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah via la Syrie
Israël divisé sur les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah via la Syrie
Des sources sécuritaires alertent sur une reprise des trafics d’armes, tandis que Tsahal affirme n’avoir détecté aucune hausse significative au cours des derniers mois.


Des divergences apparaissent au sein de l’appareil sécuritaire israélien concernant l’ampleur des livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah à travers la Syrie et la stratégie militaire à adopter face au nouveau pouvoir de Damas.
Des sources anonymes du ministère de la Défense, vraisemblablement proches du ministre Israël Katz, affirment que les tentatives iraniennes de contrebande se sont récemment intensifiées. Tsahal assure, au contraire, qu’aucun changement majeur n’a été observé.
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou a démenti être à l’origine de ces informations, initialement diffusées par la chaîne israélienne N12. Un porte-parole a néanmoins estimé que le reportage décrivait correctement une situation devenue de plus en plus préoccupante.
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa en décembre 2024, les autorités syriennes ont pris plusieurs mesures contre les réseaux chargés d’acheminer des armes iraniennes au Hezbollah.
Le dirigeant syrien, issu de la mouvance sunnite, a combattu pendant près d’une décennie le mouvement chiite libanais. La diminution de ces trafics constitue un avantage stratégique pour Israël, qui cherche à empêcher le Hezbollah de reconstituer son arsenal.
Les sources militaires reconnaissent que la Syrie ne peut pas fermer hermétiquement toutes les voies de contrebande. Elles affirment toutefois qu’aucune hausse récente des transferts n’a été constatée par rapport aux deux dernières années.
Cette polémique intervient après une frappe israélienne contre la base aérienne syrienne d’Abu al-Duhur. Selon Israël, l’opération visait à empêcher la Turquie d’y installer des radars et des systèmes de défense aérienne susceptibles de limiter la liberté d’action de Tsahal.
Cette frappe a ravivé les tensions avec Ankara et provoqué un différend avec Washington. L’administration américaine souhaite qu’Israël fasse davantage de concessions à Ahmed al-Sharaa afin de favoriser son rapprochement avec les puissances occidentales.
Les détracteurs de Benjamin Netanyahou l’accusent d’alimenter les tensions avec la Syrie et la Turquie à des fins électorales. Selon eux, la mise en avant d’une reprise des livraisons iraniennes permettrait de justifier la poursuite d’une politique militaire offensive en Syrie.
Le gouvernement israélien soutient, de son côté, que ses opérations sont nécessaires pour préserver la liberté d’action de Tsahal et empêcher l’installation d’une présence militaire turque susceptible de menacer la sécurité d’Israël.