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L’Autorité palestinienne saisit l’UNESCO pour tenter de limiter le contrôle israélien des sites historiques en Judée-Samarie
Ramallah accuse Israël de chercher à imposer sa propre lecture de l’histoire en mettant en avant les liens anciens du peuple juif avec les sites archéologiques de la région


L’Autorité palestinienne a lancé une nouvelle initiative auprès de l’UNESCO afin de contester la gestion par Israël de sites archéologiques et historiques en Judée-Samarie, a annoncé samedi son représentant auprès de l’organisation onusienne.
Adel Attieh a expliqué à la radio Voice of Palestine que cette démarche visait à pousser l’UNESCO à intervenir contre des mesures israéliennes qui porteraient, selon Ramallah, atteinte au patrimoine culturel palestinien. Il a notamment évoqué le Caveau des Patriarches à Hébron, inscrit par l’organisation sur la liste du patrimoine mondial.
Le diplomate palestinien affirme que le droit international interdit à Israël d’apporter des modifications structurelles au lieu saint ou à ses abords. Il accuse également l’État hébreu de chercher à imposer sa propre lecture de l’histoire en mettant en avant les liens anciens du peuple juif avec les sites archéologiques de la région.
Dans le même temps, un rapport publié par l’Organisation de libération de la Palestine a dénoncé l’administration israélienne des sites historiques en Judée-Samarie, qu’elle présente comme un prolongement de la politique de développement des implantations. Le document critique notamment une loi adoptée par la Knesset à la mi-mai, prévoyant la création d’une autorité spécialement chargée du patrimoine de cette région.
Cette nouvelle offensive diplomatique s’inscrit dans une longue série de confrontations entre Israël et les Palestiniens au sein de l’UNESCO. Jérusalem accuse régulièrement l’organisation culturelle des Nations unies d’adopter des résolutions politisées minimisant, voire ignorant, les liens historiques du peuple juif avec certains lieux saints.
En 2016, plusieurs textes avaient ainsi désigné le mont du Temple et l’esplanade du Mur occidental presque exclusivement par leurs appellations musulmanes, tout en qualifiant Israël de "puissance occupante". L’année suivante, la vieille ville d’Hébron et le Caveau des Patriarches avaient été inscrits comme site palestinien du patrimoine mondial en péril.
En 2018, l’UNESCO avait également présenté le Caveau des Patriarches et le tombeau de Rachel, près de Bethléem, comme faisant partie intégrante du "territoire palestinien occupé". En septembre 2023, l’inscription de l’ancienne Jéricho, Tel es-Sultan, comme site palestinien avait suscité de nouvelles critiques israéliennes.
Les relations entre l’organisation et Israël sont depuis longtemps tendues. Les États-Unis avaient annoncé leur retrait de l’UNESCO en 2017, lors du premier mandat de Donald Trump, en invoquant notamment son parti pris contre Israël. L’État hébreu avait quitté l’organisation en 2019. Après le retour de Washington sous l’administration Biden en 2023, la seconde administration Trump a annoncé un nouveau retrait américain en juillet 2025, avançant une nouvelle fois des accusations de politisation et de partialité envers Israël.