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L’Iran aurait cherché à perturber les élections israéliennes et viserait les scrutins américains
Des responsables iraniens évoquent des opérations cyber et des tentatives de recrutement pour perturber les scrutins en Israël et aux États-Unis, selon le Telegraph.


L’Iran chercherait à perturber les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre après avoir tenté d’interférer dans les législatives israéliennes de mardi, rapporte le Telegraph, cité par le Jerusalem Post. Plusieurs responsables iraniens interrogés par le quotidien britannique présentent ces opérations comme un moyen d’affaiblir politiquement les États-Unis et Israël, dans le prolongement de leur confrontation militaire.
Selon l’un de ces responsables, Téhéran aurait étudié le recrutement de personnes intervenant dans les processus électoraux des deux pays. Des groupes cyber auraient également été constitués pour cibler leurs systèmes électoraux.
Un autre responsable affirme que l’objectif serait de déstabiliser les deux pays plutôt que de faire gagner un candidat précis. Le reportage ne démontre cependant pas que des agents iraniens ont réussi à pénétrer des systèmes de vote, ni que ces tentatives ont modifié les résultats du scrutin israélien.
Les responsables iraniens suivraient particulièrement la possibilité d’une impasse dans les négociations de coalition en Israël. Après le dépouillement de l’ensemble des voix, les résultats encore soumis à vérification créditent le bloc de Benjamin Netanyahou de 53 sièges, contre 48 pour celui de Gadi Eisenkot et 19 pour les partis arabes.
Des négociations prolongées ou de nouvelles élections pourraient offrir à Téhéran du temps pour reconstituer ses capacités militaires endommagées par les frappes israéliennes et américaines.
Steven Wagner, spécialiste de sécurité internationale à l’université Brunel de Londres, estime ainsi que l’Iran pourrait bénéficier d’un blocage durable, même s’il préférerait voir Benjamin Netanyahou quitter le pouvoir. Cette lecture reste une appréciation stratégique : elle ne signifie pas qu’un gouvernement israélien de transition serait incapable d’agir militairement.
Aux États-Unis, les responsables cités par le quotidien espéreraient que des gains démocrates au Congrès compliquent la poursuite des opérations contre l’Iran. Ils surveilleraient notamment d’éventuelles restrictions budgétaires concernant le conflit et l’assistance militaire à Israël.
L’analyste iranien Amir Ali Abolfath nuance toutefois cette perspective. Une majorité démocrate ne suffirait pas nécessairement à empêcher de nouvelles frappes, le président américain conservant d’importantes prérogatives militaires.
Les responsables iraniens interrogés affirment parallèlement que leur pays reste ouvert à un règlement diplomatique, tout en se préparant à de nouveaux combats. L’un d’eux avertit qu’une reprise des attaques américaines ou israéliennes pourrait entraîner des représailles dépassant les cibles militaires américaines.
Ces déclarations contrastent avec les propos publics du porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, qui avait affirmé lundi que l’issue des élections israéliennes ne ferait « aucune différence » pour Téhéran.