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L’usage d’armes à sous-munitions par le Hezbollah pourrait constituer un crime de guerre selon HRW
L’ONG affirme avoir identifié des traces d’armes à sous-munitions utilisées lors de deux attaques contre Metula en mars dernier. Le Hezbollah dément en posséder.


Human Rights Watch (HRW) a estimé mercredi que l’utilisation présumée d’armes à sous-munitions par le Hezbollah contre le nord d’Israël pourrait constituer un crime de guerre, dans une rare condamnation du groupe terroriste libanais par l’organisation.
Selon l’ONG, ces armes auraient été utilisées lors de frappes menées les 4 et 15 mars 2026 contre Metula, une localité civile située près de la frontière libanaise. Le Hezbollah avait revendiqué les attaques, lancées après l’élimination de l’ayatollah Ali Khamenei, mais nie avoir employé ou posséder des armes à sous-munitions.
Ces projectiles libèrent des dizaines, voire des centaines de petites charges explosives sur une vaste zone. Certaines n’explosent pas lors de l’impact et peuvent demeurer dangereuses pendant plusieurs années, agissant comme des mines.
« Les armes à sous-munitions ne devraient être utilisées en aucune circonstance, et leur emploi peut constituer un crime de guerre », a déclaré Patrick Thompson, chercheur spécialisé dans les armes et les conflits chez Human Rights Watch.
« Elles sont par nature indiscriminées et les sous-munitions non explosées peuvent tuer ou blesser des civils longtemps après la fin des hostilités », a-t-il ajouté.
Des chercheurs de HRW se sont rendus à Metula en mai afin d’examiner les lieux touchés et d’interroger plusieurs témoins. Ils affirment avoir identifié des cratères compatibles avec l’impact de sous-munitions.
Lors de l’attaque du 4 mars, une rue résidentielle du sud de la ville, située à proximité du cimetière, avait été frappée. Un habitant interrogé par l’ONG a raconté avoir couru vers un abri avec son épouse et leurs deux enfants après le déclenchement des sirènes.
Les autorités leur avaient ensuite demandé de rester confinés pendant 24 heures, le temps que Tsahal neutralise les charges non explosées tombées dans le quartier. Deux véhicules, une douzaine de fenêtres et plusieurs canalisations avaient été endommagés. Une sous-munition avait également été retrouvée sur le toit de la maison.
L’armée aurait recensé une cinquantaine de points d’impact. Malgré la réfection de la chaussée avant leur arrivée, les enquêteurs de HRW disent avoir repéré sept cratères caractéristiques.
Une photographie diffusée par la police israélienne montrait par ailleurs une sous-munition non explosée de type BRB1, généralement transportée par des roquettes de 122 mm pouvant en contenir plusieurs dizaines. HRW précise toutefois ne pas avoir pu authentifier de manière indépendante le lieu où cette image avait été prise.
Pour l’attaque du 15 mars, un témoin a également rapporté avoir entendu plusieurs explosions simultanées. Une vidéo géolocalisée par l’organisation montrerait une trentaine de petites détonations autour de l’entrée de Metula, compatibles avec la dispersion de sous-munitions.
Aucun civil n’a été tué lors de ces deux attaques, mais les charges demeurées intactes continueraient de faire peser un risque sur les habitants.
« Mon fils joue au basket ici. Si son ballon descend dans l’herbe, je lui dis de le laisser », a confié un père de famille à HRW. « Ils ont inspecté toute la zone, mais qui sait avec quelle précision ils ont pu vérifier les buissons ? »
La Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions interdit leur utilisation, leur stockage et leur transfert. Le Liban fait partie des États signataires, contrairement au Hezbollah en tant qu’organisation armée non étatique. Celui-ci reste néanmoins tenu de respecter le droit international humanitaire.
« L’utilisation d’armes à sous-munitions dans des zones civiles constitue une violation flagrante du droit international », a conclu Patrick Thompson.