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Une étude alerte sur la montée de l’antisémitisme et de l’hostilité envers Israël dans les médias turcs
Israël y est fréquemment décrit comme un “régime sioniste occupant”, parfois comparé à l’Allemagne nazie, alors que le Hamas bénéficie d’une couverture largement complaisante


Alors que la Turquie se présente comme un possible médiateur dans les discussions internationales sur l’avenir de la bande de Gaza, une nouvelle étude jette une lumière préoccupante sur le discours dominant dans une partie de sa presse. Le Jewish People Policy Institute (JPPI) révèle une forte hostilité envers Israël, une banalisation du Hamas et une diffusion marquée de propos antisémites dans les médias proches du pouvoir turc.
L’étude s’appuie sur l’analyse d’environ 15 000 chroniques publiées depuis l’attaque terroriste du 7 octobre dans deux grands quotidiens : Sabah et Hürriyet. Le premier est considéré comme un relais direct de l’AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdogan, tandis que le second, autrefois libéral, a changé de ligne éditoriale après son rachat par un groupe lié au gouvernement.
Les conclusions soulèvent de sérieuses interrogations sur la capacité d’Ankara à jouer un rôle crédible dans les initiatives internationales concernant Gaza. Selon les chercheurs, près de 40 % des articles évoquant les Juifs contiennent des éléments antisémites au sens de la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). On y retrouve notamment des références au “pouvoir juif”, des assimilations du sionisme au nazisme, des minimisations de la Shoah ou encore des insinuations complotistes.
Le traitement réservé à Israël apparaît uniformément hostile. L’Etat hébreu y est fréquemment décrit comme un “régime sioniste occupant”, parfois comparé à l’Allemagne nazie. Les prises de position favorables à Israël sont quasi inexistantes.
Le Hamas bénéficie en revanche d’une couverture largement complaisante. Près de la moitié des articles lui accordent une image positive, tandis que 40 % adoptent une posture neutre. L’organisation terroriste y est régulièrement qualifiée de “mouvement de résistance” et ses dirigeants présentés comme des “martyrs”, au détriment de la mise en lumière des crimes commis lors du massacre du 7 octobre.
Fait marquant, l’attaque elle-même est rarement condamnée de manière explicite. Dans Sabah, les articles favorables sont même plus nombreux que les critiques, tandis que Hürriyet se montre légèrement plus réservé, sans jamais exprimer une condamnation claire et directe.
Pour le président du JPPI, le professeur Yedidya Stern, ces résultats sont alarmants. Tout en rappelant que les relations avec la Turquie reposent aussi sur des intérêts économiques et énergétiques, il appelle les responsables israéliens à regarder la réalité en face et à refuser toute banalisation de l’incitation à la haine et de l’antisémitisme, en particulier dans les pays avec lesquels Israël entretient des relations diplomatiques.