Benjamin Netanyahou veut retirer la citoyenneté aux Israéliens qui "diffament Tsahal" à l'étranger
Benjamin Netanyahou a explicitement mentionné le président du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, l'ancienne procureure générale militaire Yifat Tomer-Yerushalmi ainsi que les réalisateurs de "NAZA"


Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a annoncé mercredi son intention de présenter deux projets de loi visant à sanctionner les Israéliens qui "diffament les soldats de Tsahal" à l'étranger, sur fond de polémique autour du documentaire "NAZA".
Dans une vidéo, le Premier ministre a expliqué que le premier texte prévoirait la possibilité de retirer la citoyenneté israélienne aux personnes concernées. Le second augmenterait le montant des dommages et intérêts pouvant leur être réclamés en justice en cas de condamnation.
Benjamin Netanyahou a explicitement mentionné le président du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, l'ancienne procureure générale militaire Yifat Tomer-Yerushalmi ainsi que les réalisateurs de "NAZA", Yuval Abraham et Rachel Shor. "Leur place n'est pas ici", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il attendait de l'ensemble des partis sionistes qu'ils soutiennent ces mesures.
Cette annonce intervient alors que le documentaire "NAZA", récemment récompensé au Festival de Venise, suscite une vive controverse en Israël. Le film accuse notamment Tsahal d'avoir eu recours à des systèmes assistés par intelligence artificielle lors de frappes à Gaza ayant entraîné la mort de civils. L'armée israélienne rejette ces accusations et a demandé à pouvoir visionner l'intégralité du documentaire afin de répondre précisément aux affirmations qui y sont formulées.
Selon la chaîne israélienne N12, les autorités israéliennes auraient toutefois décidé de réduire leur communication autour du film, après avoir estimé que la virulence des réactions en Israël contribuait à lui donner davantage d'écho à l'étranger. Un responsable de Tsahal chargé de la réponse au documentaire a expliqué à la chaîne que la controverse se déplaçait désormais du contenu du film vers des accusations portant sur la liberté d'expression en Israël.
Des diplomates israéliens interrogés par N12 ont par ailleurs estimé que la réaction du gouvernement alimentait le débat intérieur autour du documentaire en pleine campagne électorale. Ces critiques ont été formulées avant la publication de la vidéo de Benjamin Netanyahou.