Israël mobilise rabbins et influenceurs pour enrayer l'espionnage au profit de l'Iran
Objectif : dissuader les citoyens israéliens, de plus en plus ciblés par les recruteurs de Téhéran via les réseaux sociaux, de collaborer avec les services de renseignement iraniens.


Face à la multiplication des affaires d'espionnage impliquant des citoyens israéliens recrutés par les services iraniens, les autorités israéliennes ont lancé une campagne de sensibilisation inédite auprès de la communauté orthodoxe (haredi), en sollicitant des rabbins influents et des personnalités des réseaux sociaux pour mettre en garde contre ce phénomène, rapporte le New York Times.
Au cours des deux dernières années, des dizaines d'Israéliens, dont plusieurs soldats et réservistes, ont été inculpés pour avoir transmis des informations à l'Iran. Un militaire a récemment été condamné à cinq ans de prison. Selon le quotidien américain, neuf membres de la communauté orthodoxe figurent parmi les personnes poursuivies.
À la demande des autorités, le rabbin Yigal Cohen, membre du Grand Rabbinat d'Israël, a diffusé une vidéo exhortant ses fidèles à ne pas collaborer avec Téhéran. « Il n'y a pas de plus grande profanation que de voir un Juif pratiquant trahir son peuple », déclare-t-il. Il a confirmé avoir été contacté par les autorités pour relayer ce message.
D'autres figures influentes de la communauté, comme le commentateur Israël Cohen ou le journaliste Mendel Unger, ont également publié des messages d'avertissement, notamment en yiddish, afin de toucher un public plus large.
Selon les autorités, les recruteurs iraniens approchent généralement leurs cibles via les réseaux sociaux, en leur promettant une rémunération. Les missions proposées commencent souvent par des tâches anodines, comme photographier des sites publics ou commettre des actes de vandalisme, avant d'évoluer vers des activités d'espionnage plus graves.
L'ampleur du phénomène a conduit l'administration pénitentiaire israélienne à ouvrir une nouvelle aile dédiée à la prison de Damon, près de Haïfa, pour accueillir les personnes poursuivies dans ces affaires, alors que la majorité des dossiers sont toujours en cours d'instruction.