L'ex-otage Or Levy à Gal Hirsch : "Nous serions responsables ? Honte à vous !"
Le coordinateur israélien pour les prisonniers et les disparus affirmait que les manifestations en faveur des otages avaient aidé le Hamas


Or Levy, ancien otage retenu à Gaza, a vivement critiqué dimanche le coordinateur israélien pour les prisonniers et les disparus, Gal Hirsch, à la suite d’une série d’entretiens accordés par ce dernier aux médias. En cause notamment, des propos rapportés par le quotidien Haaretz, dans lesquels Hirsch affirmait que les manifestations en faveur des otages avaient aidé le Hamas alors qu’il n’était pas nécessaire de créer un sentiment d’urgence en Israël.
Dans un long message publié sur Facebook, Or Levy a dénoncé ce qu’il perçoit comme une tentative de renversement des responsabilités. "Maintenant, c’est nous les coupables? Nous, ceux que vous n’avez pas protégés et que vous avez abandonnés?", écrit-il, s’adressant directement à Gal Hirsch. L’ancien otage affirme n’avoir eu quasiment aucun contact avec lui pendant sa captivité, hormis une question transmise après son retour: voulait-il s’adresser au président américain Donald Trump. "À Trump, je voulais dire merci. C’est lui qui m’a ramené. Pas vous, pas le Premier ministre, personne d’autre", écrit-il, refusant que des responsables politiques s’attribuent un mérite qu’ils n’auraient pas gagné.
Or Levy accuse également les autorités d’avoir gardé le silence lorsqu’elles ont reçu des preuves de vie des otages, y compris des documents non rendus publics. Il estime que les récentes prises de parole de Gal Hirsch s’inscrivent dans une logique de communication politique visant à réécrire le récit des événements, à l’approche d’échéances électorales. "Changer le narratif est devenu plus important que ce qui s’est réellement passé", déplore-t-il.
Son témoignage est aussi empreint d’une profonde colère personnelle. Il évoque ses parents âgés, contraints d’expliquer à un enfant de deux ans que sa mère a été tuée et que son père avait "disparu". "Qui êtes-vous pour parler à nos familles ou aux parents endeuillés qui auraient pu retrouver leurs enfants vivants sans les lenteurs des négociations?", interroge-t-il.
De son côté, Gal Hirsch a défendu son action lors d’interviews récentes, données notamment après le rapatriement du dernier otage décédé, Ran Gvili. Il a rejeté les accusations selon lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahou aurait bloqué des accords pour des raisons politiques, contredisant ainsi les déclarations de Benny Gantz et Yoav Gallant. Hirsch affirme qu’aucune décision concernant les otages n’a été prise pour des motifs politiques et que plusieurs opérations de sauvetage ont été annulées uniquement en raison de risques jugés trop élevés par le chef d’état-major et le directeur du Shin Bet.
Il a également reconnu que certaines opérations militaires avaient été préparées très près des lieux de détention des otages, mais annulées in extremis pour préserver leur vie. Concernant les déclarations incendiaires du ministre Itamar Ben Gvir à propos des terroristes de la Nukhba, Hirsch affirme être intervenu à plusieurs reprises pour en expliquer les conséquences potentielles sur le sort des otages, se disant même opposé à l’idée d’une peine de mort pour les terroristes tant que des otages étaient encore en vie à Gaza.