"Vous n'avez rien appris" : 1 000 jour après le 7 Octobre, l'opposition accuse le gouvernement d'indifférence
L'opposition accuse le gouvernement de consacrer cette journée à l'examen de textes controversés plutôt qu'à un moment de recueillement national


Alors qu'Israël marque ce jeudi le 1 000e jour depuis l'attaque du 7 octobre 2023, plusieurs responsables de l'opposition accusent le gouvernement de Benjamin Netanyahou d'ignorer cette date symbolique au profit de projets de loi hautement controversés.
À travers le pays, des familles endeuillées, des survivants et d'anciens otages participent à des cérémonies commémoratives et à des manifestations, réclamant notamment la création d'une commission d'enquête d'État sur les événements du 7 octobre. Une demande soutenue par une large partie de l'opinion publique, mais à laquelle le Premier ministre continue de s'opposer.
À la Knesset, aucune cérémonie officielle n'a été organisée pour marquer les 1 000 jours écoulés depuis l'attaque. Le Parlement accueille en revanche une exposition consacrée au 250e anniversaire de l'indépendance américaine à l'approche de la fête nationale du 4 juillet, un contraste vivement dénoncé par plusieurs élus de l'opposition.
Le député Yoav Segalovitz, du parti Yesh Atid, a accusé le gouvernement de tenter d'effacer de l'agenda public à la fois le massacre du 7 octobre et les défaillances qui l'ont précédé. De son côté, le député Gilad Kariv a regretté que la journée soit consacrée à l'examen de textes controversés plutôt qu'à un moment de recueillement national. Selon lui, le fait de poursuivre ces réformes démontre que les leçons de la crise n'ont pas été tirées.
Parmi les dossiers examinés figure un projet de loi visant à limiter les prérogatives de la procureure générale de l'État, l'une des principales institutions chargées de contrôler l'action du gouvernement. En parallèle, la commission des Affaires étrangères et de la Défense débat d'un texte relatif à l'application des obligations militaires, dans un contexte de vives tensions autour de la conscription des orthodoxes.
La députée Matti Sarfati Harkavi, également membre de Yesh Atid, a déclaré qu'elle aurait souhaité passer cette journée auprès des familles endeuillées, mais qu'elle estimait devoir participer aux débats parlementaires afin de s'opposer à ces initiatives législatives.
Cette séquence intervient alors que la coalition gouvernementale cherche à faire adopter plusieurs textes avant la suspension estivale des travaux parlementaires et dans un climat de spéculations sur un possible accord politique entre Benjamin Netanyahou et les partis orthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah. Selon plusieurs médias israéliens, ces formations auraient accepté de soutenir certaines priorités du gouvernement en échange de l'avancement de mesures importantes pour leur électorat. Les partis concernés ont toutefois démenti l'existence d'un tel arrangement.