Yaïr Lapid accuse Benjamin Netanyahou d’avoir falsifié des protocoles de sécurité
Une accusation grave, qui, selon le chef de l'opposition, pourrait constituer une violation de la loi sur le secret d’État.


Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a accusé ce lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahou d’avoir délibérément falsifié des protocoles de sécurité afin de détourner de lui la responsabilité des graves défaillances ayant conduit à l’attaque du 7 octobre 2023.
S’exprimant avant la réunion hebdomadaire de son parti Yesh Atid à la Knesset, Lapid a dénoncé un document de 55 pages publié la semaine dernière par le bureau du Premier ministre. Ce texte contient les réponses de Netanyahou au contrôleur de l’État Matanyahu Englman, dans le cadre de l’enquête officielle sur les événements. Selon Yaïr Lapid, ce document constitue une « falsification intentionnelle de protocoles de sécurité » issus de discussions sensibles, ce qui représenterait une violation grave de la loi sur le secret d’État.
Benjamin Netanyahou y affirme, à l’aide de citations partielles et soigneusement sélectionnées, avoir à plusieurs reprises plaidé pour l’élimination ciblée de dirigeants du Hamas, propositions qui auraient été systématiquement rejetées par les responsables sécuritaires. Yaïr Lapid conteste fermement cette version.
Il pointe notamment une réunion d’évaluation sécuritaire tenue le 1er octobre 2023, moins d’une semaine avant l’attaque, dont le document officiel ne retiendrait qu’un paragraphe trompeur. D’après Yaïr Lapid, le directeur du Shin Bet de l’époque, Ronen Bar, avait alors recommandé de se préparer à plusieurs scénarios d’escalade et à des actions préventives ciblées à Gaza. Le chef d’état-major, Herzi Halevi, aurait pour sa part préconisé l’élaboration d’un plan en vue d’une vaste opération militaire.
Ces recommandations, souligne Yaïr Lapid, faisaient suite à des alertes de renseignement « particulièrement graves et urgentes » sur la préparation du Hamas au combat. « Nous étions tous conscients que le danger était immédiat et tangible », a-t-il conclu, accusant Benjamin Netanyahou d’avoir ouvert une « boîte de Pandore » dont il ne pourra, selon lui, refermer le couvercle.