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Crise à la Knesset : les partis orthodoxes bloquent le budget sur fond de loi sur la conscription
Conséquence immédiate, trois jours de débats budgétaires sont perdus, dans un calendrier déjà extrêmement serré


Une grave crise de coalition a éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi au Parlement israélien. En cause : le refus des partis orthodoxes de soutenir la scission de la loi des arrangements économiques, une étape indispensable à la poursuite de l’examen du budget de l’État. Pour les formations orthodoxes, il s’agit d’un moyen de pression direct face au retard pris dans la promotion de la très sensible loi sur la conscription.
En s’opposant au vote en séance plénière, les partis orthodoxes ont de facto gelé l’avancement du processus budgétaire. Face à ce blocage, la coalition a longuement hésité au cours de la nuit avant de trancher : le vote sur la scission de la loi des arrangements est reporté à lundi prochain. Conséquence immédiate, trois jours de débats budgétaires sont perdus, dans un calendrier déjà extrêmement serré.
D’ici là, des négociations doivent se poursuivre en coulisses afin de trouver un compromis avec les partis religieux, condition jugée indispensable pour débloquer la situation et permettre la poursuite de l’adoption du budget.
Cette nuit de crise a également donné lieu à des scènes pour le moins inhabituelles à la Knesset. Le ministre Shlomo Karhi est monté à la tribune pour un long discours d’obstruction, ponctué de calculs de guématria (attribution d'une valeur numérique à chaque lettre de l'alphabet hébreu pour trouver des significations cachées). Une sortie qui a provoqué rires et réactions amusées dans l’hémicycle, malgré la gravité de la situation politique.
En toile de fond de cette crise figure l’avis publié lundi par la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik. Dans son opinion, elle recommande une scission large de la loi des arrangements économiques, estimant que plusieurs réformes proposées par le ministère des Finances n’ont pas de lien direct avec le budget.
Sont notamment visées la réforme du secteur laitier, celle du système bancaire ainsi que le projet de privatisation de la gestion des aéroports. Concernant la réforme du lait, la conseillère juridique souligne l’absence de véritable travail préparatoire et le flou entourant la position du ministère de l’Agriculture. Elle met également en garde contre un impact économique sévère pour les producteurs israéliens, en particulier les petites exploitations.
S’agissant des aéroports, l’avis juridique insiste sur l’absence d’urgence et sur le caractère structurel du changement envisagé dans le mode de gestion des infrastructures aéroportuaires en Israël.
Au Ministère des Finances, on s’attendait à un certain degré de scission entre la loi des arrangements et les réformes, mais pas à une remise en cause aussi large. La crainte est désormais que ces projets, une fois sortis du cadre accéléré de la loi des arrangements, soient tout simplement enterrés et ne voient jamais le jour.
À quelques jours d’un vote crucial, la coalition se retrouve donc sous forte pression, coincée entre les exigences politiques des partis orthodoxes, les réserves juridiques et la nécessité de faire adopter un budget dans les temps.