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Israël : 114 000 enfants seraient placés dans des crèches non agréées
Selon les estimations de l’administration fiscale israélienne, entre 1 000 et 1 500 crèches opéreraient actuellement sans autorisation


En Israël, la question de la garde des tout-petits soulève une inquiétude croissante. Selon un rapport publié mercredi par Yediot Aharonot, sur plus d’un demi-million d’enfants âgés de zéro à trois ans dans le pays, seuls environ la moitié fréquentent une structure d’accueil officiellement encadrée. Parmi les 540 000 nourrissons et jeunes enfants recensés, près de 114 000 seraient confiés à des crèches ou garderies non agréées.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la loi sur la supervision, adoptée en 2021, prévoyait justement d’étendre le contrôle de l’État aux structures privées. Or, depuis son entrée en vigueur, sa mise en œuvre se heurte à de nombreuses difficultés, tant sur le plan administratif que budgétaire.
Le principal obstacle reste le manque de moyens. D’après les projections, le budget alloué à la supervision des crèches devrait chuter drastiquement en 2026, pour atteindre seulement 46 millions de shekels, contre environ 190 millions en 2023. Une baisse qui risque de fragiliser davantage les efforts déjà limités pour assurer la sécurité et le bien-être des enfants.
Cette réduction des ressources devrait notamment peser sur la lutte contre les établissements illégaux. Selon les estimations de l’administration fiscale israélienne, entre 1 000 et 1 500 crèches opéreraient actuellement sans autorisation. Ces structures échappent non seulement aux normes éducatives et sanitaires, mais aussi au contrôle fiscal.
Depuis août dernier, les ministères de l’Éducation et des Affaires sociales ont identifié 470 garderies fonctionnant sans licence. Contrairement à certaines idées reçues, ces établissements ne se trouvent pas uniquement dans le secteur orthodoxe, même si celui-ci est parfois davantage mis en cause dans le débat public. Les autorités ont par ailleurs relevé une hausse des cas de crèches qui ne déclarent pas leurs activités au fisc.
Pour les spécialistes de la petite enfance, la prolifération de ces structures non contrôlées pose un double problème : elle met potentiellement en danger la sécurité des enfants et fragilise la confiance des parents dans le système de garde. Elle crée aussi une concurrence déloyale pour les établissements respectant la réglementation.
Face à ce constat, plusieurs voix appellent le gouvernement à revoir ses priorités budgétaires et à renforcer les moyens de contrôle, afin d’éviter que la garde des plus jeunes ne devienne un angle mort des politiques publiques. Dans un pays où la natalité reste élevée, la question de l’encadrement des tout-petits apparaît plus que jamais comme un enjeu social majeur.