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La guerre avec l’Iran révèle des inégalités plus profondes que ne le montrent les revenus
Les dépenses alimentaires par personne des ménages les plus aisés sont aujourd’hui près de six fois supérieures à celles des plus modestes


Alors que les Israéliens vivent au rythme des alertes et des frappes dans le contexte du conflit avec l’Iran, une étude de l’institut Shoresh met en lumière une réalité moins visible : les écarts sociaux sont bien plus marqués lorsqu’on les mesure à travers les conditions de vie réelles plutôt que les seuls revenus. Selon cette enquête, les indicateurs classiques d’inégalités, comme le coefficient de Gini, donnent l’illusion d’une amélioration ces dernières années, mais ne reflètent pas les difficultés concrètes rencontrées par les ménages les plus modestes.
L’étude souligne que l’écart se creuse particulièrement dans l’accès aux besoins essentiels, comme l’alimentation, le logement ou les transports. Par exemple, les dépenses alimentaires par personne des ménages les plus aisés sont aujourd’hui près de six fois supérieures à celles des plus modestes. De même, les différences de logement restent marquées, avec des conditions de vie plus exiguës pour les foyers à faibles revenus, notamment dans certaines populations comme les orthodoxes et les Arabes israéliens.
Le rapport met également en avant le poids croissant de l’endettement des ménages, qui atteint des niveaux élevés, notamment en matière immobilière. Dans ce contexte, la capacité à faire face à une situation d’urgence dépend moins du revenu déclaré que de la capacité réelle à payer un loyer, à se déplacer ou à absorber la hausse du coût de la vie. Les inégalités de mobilité sont d’ailleurs particulièrement marquées : la possession d’un véhicule reste largement concentrée dans les ménages les plus aisés.
Dans un contexte de guerre, ces disparités prennent une dimension encore plus critique. Les conditions de vie influencent directement la capacité des familles à se protéger, à travailler à distance ou à faire face aux perturbations. Selon les auteurs de l’étude, les tensions économiques liées au conflit risquent ainsi de peser de manière disproportionnée sur les populations déjà fragiles, révélant des fractures structurelles que les seuls indicateurs de revenus ne suffisent pas à mesurer.