- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- Ari Afilalo : "Aujourd'hui, je déconseille de porter une kippa dans les rues de New York"
Ari Afilalo : "Aujourd'hui, je déconseille de porter une kippa dans les rues de New York"
Un tiers de la communauté juive envisage de quitter New York, parfois pour rejoindre Israël ou la Floride


Les chiffres sont alarmants : en juillet, 70 % des crimes de haine recensés à New York ont visé des Juifs. Pour Ari Afilalo, président de la synagogue franco-sépharade de l'Upper West Side, ces statistiques ne reflètent pourtant qu'une partie de la réalité.
Invité sur i24NEWS, il explique que les insultes, crachats, intimidations et agressions quotidiennes ne donnent que rarement lieu à une plainte. "Les crimes officiellement recensés ne représentent qu'une infime partie de ce que vit la communauté juive", affirme-t-il.
Le responsable communautaire évoque notamment une attaque récente survenue à quelques centaines de mètres de sa synagogue : un fidèle portant une kippa a été poignardé au tournevis alors qu'il se rendait à l'office de Tisha BeAv. Pour Ari Afilalo, cette agression illustre une réalité nouvelle : aucun quartier de New York n'offre désormais un véritable sentiment de sécurité aux Juifs.
Face à cette situation, il confie avoir radicalement changé les conseils qu'il donne aux nouveaux arrivants. "Il y a un an, je leur disais de porter leur kippa sans hésiter. Aujourd'hui, je leur conseille de mettre une casquette, de cacher leur étoile de David et d'éviter d'être identifiables comme Juifs."
Ari Afilalo pointe également la responsabilité du climat politique local. Sans attribuer directement les violences au maire de New York, il estime que certains discours hostiles à Israël contribuent à alimenter les tensions et la haine contre les Juifs.
Selon lui, la communauté est désormais profondément divisée. Un tiers envisage de quitter New York, parfois pour rejoindre Israël ou la Floride. Un autre tiers souhaite rester et lutter contre l'antisémitisme aux côtés d'autres communautés. Enfin, un dernier tiers préfère désormais dissimuler son identité juive, estimant qu'il est devenu trop dangereux de l'afficher.
Pour Ari Afilalo, New York suit une trajectoire préoccupante qui rappelle celle de plusieurs grandes villes européennes : une montée progressive de l'antisémitisme, où la peur pousse de plus en plus de Juifs à cacher qui ils sont pour pouvoir vivre en sécurité.