Georges Bensoussan : "Israël est devenu la bête noire de l’humanité"
"Mélenchon est pire qu'antisémite. Il manœuvre l'antisémitisme, il s'en sert"


Invité sur Europe 1, l’historien Georges Bensoussan a analysé les répercussions internationales de la guerre opposant Israël et l’Iran, évoquant à la fois la montée de l’antisémitisme dans le monde occidental et les incertitudes entourant l’avenir du régime iranien.
Interrogé sur l’attaque visant une synagogue dans le Michigan, aux États-Unis, Georges Bensoussan estime que cet événement s’inscrit dans un climat plus large de tensions liées au conflit. Selon lui, depuis les attaques du 7 octobre 2023, une "hystérie anti-israélienne" s’est développée dans de nombreuses sociétés occidentales. L’historien considère que cette hostilité prend parfois la forme d’une "psychopathologie collective", rappelant certaines peurs et accusations qui ont marqué l’histoire européenne.
Pour Georges Bensoussan, la structure de ces accusations n’aurait guère changé au fil des siècles. Il estime qu’autrefois, le peuple juif était présenté comme un "peuple en trop", tandis qu’aujourd’hui c’est l’existence même de l’État d’Israël qui serait contestée par certains. Dans ce contexte, les attaques visant des institutions juives, comme celle du Michigan ou d’autres incidents récents, constitueraient selon lui l’une des manifestations de cette dynamique.
L’historien a également commenté la situation politique en Iran après les récents événements au sommet du pouvoir. Il souligne que la situation reste très difficile à analyser, faute d’informations fiables sur les luttes internes au sein du régime. Selon lui, la question essentielle concerne l’attitude des différentes composantes du système de sécurité iranien, notamment les Gardiens de la révolution, les milices Bassidji, la police et l’armée. Leur éventuelle fragmentation ou défection pourrait jouer un rôle déterminant dans l’évolution du régime.
Georges Bensoussan estime toutefois que la chute du pouvoir iranien ne pourrait pas résulter uniquement d’opérations militaires extérieures. Il rappelle que le système politique iranien est profondément enraciné dans la société depuis près d’un demi-siècle. À ses yeux, il ne s’agit pas d’une simple dictature, mais d’un système totalitaire qui a pénétré en profondeur les structures politiques et sociales du pays.
Interrogé également sur le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, Bensoussan a noté qu’il demeure très peu visible publiquement. Selon lui, cette discrétion pourrait s’expliquer par la crainte d’être localisé et pris pour cible.
Enfin, l’historien s’est montré très critique à l’égard de Jean-Luc Mélenchon, estimant que le leader de La France insoumise instrumentaliserait l’antisémitisme pour des raisons politiques. "Je pense que Mélenchon est pire qu'antisémite. Il manœuvre l'antisémitisme, il s'en sert". Selon lui, cette stratégie viserait notamment certains électorats sensibles aux discours très anti-israéliens.