- i24NEWS
- International
- Israël ne croit pas le Hamas et doute des garanties américaines pour Gaza
Israël ne croit pas le Hamas et doute des garanties américaines pour Gaza
Les responsables israéliens doutent qu’un mécanisme international ou palestinien puisse vérifier un désarmement complet, durable et irréversible


Le principal obstacle à la mise en œuvre du plan américain pour Gaza ne réside pas seulement dans la volonté réelle du Hamas de déposer les armes, mais dans la profonde méfiance d’Israël à l’égard du mécanisme censé garantir ce désarmement. Malgré la proximité affichée entre le président américain Donald Trump et le gouvernement israélien, une large partie de l’opinion publique et de l’appareil sécuritaire israéliens doute encore de la capacité des États-Unis à préserver les intérêts de sécurité d’Israël au moment des décisions cruciales.
Ces derniers mois, Washington a multiplié les initiatives régionales, dans la bande de Gaza, au Liban et potentiellement en Syrie. Israël a accepté de participer à certains projets pilotes, notamment parce que les alternatives diplomatiques lui paraissaient encore moins favorables. Cette coopération reste toutefois prudente et ne traduit pas une réelle confiance dans le succès de ces dispositifs.
L’annonce américaine selon laquelle le Hamas aurait accepté un plan de désarmement constitue désormais un test autrement plus important. Jusqu’à présent, Israël estimait qu’un tel engagement n’interviendrait pas et considérait la reprise ou l’élargissement des opérations militaires comme inévitable. La proposition américaine cherche au contraire à privilégier un désarmement négocié.
C’est précisément ce scénario qui alimente les réserves israéliennes. Israël craint que l’annonce d’un accord ne serve rapidement de justification à un arrêt des opérations et à de nouveaux retraits de Tsahal, avant même qu’il soit démontré que le Hamas a réellement perdu ses capacités militaires. Les responsables israéliens doutent qu’un mécanisme international ou palestinien puisse vérifier un désarmement complet, durable et irréversible.
Le sort des armes constitue un autre point de friction. Le Hamas souhaite qu’elles soient placées sous la responsabilité du comité technocratique palestinien. Pour Israël, cette solution est inacceptable. Sa position reste que toute nouvelle étape politique ou tout retrait doivent être conditionnés à un démantèlement intégral et vérifiable de l’arsenal du Hamas, ainsi qu’à la démilitarisation effective de la bande de Gaza.
Cette divergence pourrait devenir le principal sujet de tension entre Israël et les États-Unis. Le gouvernement israélien ne veut pas apparaître comme rejetant systématiquement les initiatives de Donald Trump. Il coopère donc avec certains projets américains, à Gaza comme au Liban, tout en veillant à ne pas donner l’impression de pousser Washington vers une confrontation militaire avec l’Iran.
Tant que les États-Unis et Israël continueront d’évaluer différemment les risques, les ambitions diplomatiques américaines se heurteront à la même limite : moins la fiabilité du Hamas que la confiance qu’Israël accorde à ceux qui seront chargés de contrôler et de faire respecter l’accord.