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Iran : des manifestants tués enregistrés comme membres du Bassidj
De nombreuses familles ont été contraintes de déclarer que leurs proches appartenaient au Bassidj, force paramilitaire soutenue par l’État, ou qu’ils avaient été tués par des groupes terroristes


Les autorités iraniennes auraient cherché à dissimuler les circonstances de la mort de centaines de manifestants tués en janvier dernier, en exerçant des pressions sur leurs familles pour falsifier les causes du décès. Selon une enquête relayée par CNN, le régime aurait continué à intimider et harceler les proches des victimes même après leur disparition.
De nombreuses familles affirment avoir été contraintes de déclarer que leurs proches appartenaient à la milice du Bassidj, force paramilitaire soutenue par l’État, ou qu’ils avaient été tués par des groupes terroristes ou des agents étrangers. D’autres auraient été sommées d’évoquer des accidents ou des overdoses afin d’écarter toute responsabilité des forces de sécurité.
Les témoignages incluent des messages écrits et vocaux attestant de pressions systématiques, parfois accompagnées de menaces financières. Le père d’un adolescent de 13 ans tué lors des troubles a ainsi indiqué qu’on lui avait demandé d’enregistrer son fils comme membre du Bassidj, sous peine d’une amende de 4 000 dollars, une somme considérable dans un pays où le salaire minimum mensuel avoisine les 110 dollars.
D’autres récits font état d’accusations encore plus graves. Un père rapporte que son fils de 17 ans, blessé par balle, aurait été achevé à l’hôpital alors qu’il était sous assistance respiratoire, évoquant une "balle de confirmation" tirée dans son dos.
Ces révélations mettent en lumière des méthodes coercitives destinées, selon les familles, à étouffer les responsabilités dans la répression des manifestations et à contrôler le récit officiel autour des décès.