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Iran : Khamenei appelle à l’unité et dénonce des "mercenaires de l’étranger"
Il accuse une partie des protestataires d’être manipulés par des puissances étrangères et de chercher à plaire aux États-Unis.


Le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, s’est exprimé vendredi matin pour la première fois depuis la vague de manifestations qui a secoué le pays au cours de la nuit, marquée notamment par une coupure quasi totale d’internet. Dans une allocution diffusée par les médias d’État, il a appelé les Iraniens à préserver « l’unité nationale » et a fermement mis en garde contre toute action qu’il attribue à des puissances étrangères.
« Le peuple iranien doit rester uni. La République islamique ne tolérera pas les actes de mercenaires au service de forces étrangères », a déclaré Ali Khamenei. Le guide suprême a accusé une partie des manifestants d’être des « fauteurs de troubles » cherchant, selon lui, à plaire au président américain Donald Trump en s’attaquant aux biens publics. « Ils détruisent leurs propres rues pour satisfaire le président d’un autre pays », a-t-il lancé.
Ali Khamenei a également répondu directement aux déclarations de Donald Trump, l’exhortant à « s’occuper des problèmes de son propre pays ». Ses propos interviennent alors que Washington a multiplié les avertissements à l’égard du régime iranien, dans un contexte de tensions croissantes liées à la répression des manifestations.
La contestation, alimentée par la dégradation des conditions économiques, la chute de la monnaie et la hausse du coût de la vie, s’est étendue à de nombreuses villes du pays. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 45 personnes auraient été tuées et plus de 2 000 arrêtées depuis le début du mouvement. L’organisation NetBlocks a par ailleurs signalé une « obscurité numérique » quasi totale, confirmant le blocage massif de l’accès à internet.
Si le guide suprême reconnaît ponctuellement le droit à la protestation économique, notamment chez les commerçants du bazar, son discours de vendredi marque un net durcissement, assimilant la mobilisation actuelle à une tentative de déstabilisation orchestrée depuis l’étranger.