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L’Arabie saoudite lève son embargo sur les importations libanaises
L’Arabie saoudite a levé l’interdiction imposée depuis près de cinq ans aux importations en provenance du Liban, un geste de soutien au gouvernement de Beyrouth.


La décision a été prise sur instruction du prince héritier Mohammed ben Salmane, après une demande conjointe du président libanais Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam. Riyad affirme vouloir reconnaître les mesures prises par le gouvernement libanais pour reconstruire les institutions de l’État et renforcer le contrôle du territoire.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, a informé Nawaf Salam de cette décision lors d’un entretien téléphonique. Il a réaffirmé le soutien du royaume à la stabilité du Liban, à sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et à sa capacité à empêcher que le pays soit utilisé comme base d’activités hostiles contre ses voisins.
L’interdiction avait été imposée en avril 2021 sur les fruits et légumes libanais, après la découverte par les autorités saoudiennes de cargaisons utilisées pour le trafic de Captagon, une drogue de type amphétamine. Dans l’un des cas les plus marquants, plus de cinq millions de comprimés avaient été dissimulés dans une cargaison de grenades en provenance du Liban.
Quelques mois plus tard, Riyad avait étendu l’embargo à l’ensemble des produits libanais, dans un contexte de tensions diplomatiques aggravées par les critiques d’un ministre libanais de l’Information contre l’intervention saoudienne au Yémen.
Avant l’embargo, les exportations libanaises vers l’Arabie saoudite représentaient environ 240 millions de dollars en 2020.
Au-delà des questions commerciales, la crise s’inscrivait dans le cadre de la rivalité régionale entre l’Arabie saoudite et l’Iran, ainsi que dans les inquiétudes de Riyad face à l’influence du Hezbollah sur les affaires libanaises.
Le président Joseph Aoun a salué une décision qui, selon lui, contribuera de manière importante à la relance de l’économie nationale et au soutien des producteurs et exportateurs libanais. Nawaf Salam y a vu le reflet des relations « fraternelles et historiques » entre Beyrouth et Riyad, exprimant l’espoir d’un renforcement de la coopération économique entre les deux pays.
Le gouvernement libanais cherche depuis son entrée en fonction à rétablir ses liens avec les pays du Golfe, tout en promettant de renforcer l’autorité de l’État et de désarmer les groupes armés non étatiques, dont le Hezbollah.