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Le Hezbollah maintient son emprise au Sud-Liban sous couvert d'organisations civiles
Ces organisations permettent au Hezbollah de préserver une présence civile susceptible de faciliter à terme le rétablissement de ses infrastructures militaires


Près de deux mois après la signature de l'accord-cadre entre Israël et le Liban, l'armée libanaise peine à remplir les exigences prévues dans les zones pilotes du sud du pays, tandis que le Hezbollah y conserverait une présence par l'intermédiaire d'organisations civiles qui lui sont liées, a rapporté Kan vendrerdi.
L'accord, conclu en juin sous médiation américaine, doit notamment permettre le retrait de Tsahal de certaines zones et le transfert de leur contrôle aux autorités libanaises. Il prévoit également de tester la capacité de l'armée libanaise à démanteler les infrastructures du Hezbollah et à empêcher son retour dans ces secteurs.
Selon une étude de l'Institut Meir Amit pour le renseignement et le terrorisme citée par Kan, deux organismes jouent un rôle central dans cette stratégie : l'Organisation islamique de santé, directement rattachée au conseil exécutif du Hezbollah, et l'association "Wataawanou", active dans l'aide humanitaire et la reconstruction.
Ces deux structures opèrent notamment à Zawtar al-Gharbiya, l'un des villages désignés comme zone pilote. L'Organisation islamique de santé y déploie des ambulances et participe aux opérations de secours, tandis que Wataawanou y a installé des structures temporaires, acheminé du matériel et recensé les besoins des habitants revenus sur place. Leurs activités bénéficient par ailleurs d'une importante couverture dans les médias affiliés au Hezbollah.
L'étude estime que ces organisations permettent au Hezbollah de préserver une présence civile susceptible de faciliter à terme le rétablissement de ses infrastructures militaires. Elle souligne également les limites auxquelles se heurte l'armée libanaise, qui ne dispose pas toujours de l'autorité juridique nécessaire pour fouiller des propriétés privées, alors même que le Hezbollah est accusé d'utiliser des biens civils pour dissimuler ses activités.
Cette situation illustre, selon les auteurs du rapport, la difficulté pour le gouvernement libanais de faire appliquer pleinement l'accord dans le sud du pays et de réduire l'influence du Hezbollah au-delà de sa seule branche armée.