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Les États-Unis amorcent leur retrait total de Syrie, l’Irak redoute un regain de Daech
Washington affirme que cette décision n’est pas liée au renforcement actuel de son dispositif militaire au Moyen-Orient face aux tensions avec l’Iran


Les États-Unis ont entamé un retrait progressif de leurs quelque 1 000 soldats déployés en Syrie, mettant fin à près d’une décennie de présence militaire dans le pays dans le cadre de la coalition internationale contre l’organisation terroriste État islamique (Daech). Selon plusieurs médias américains, l’ensemble des troupes devrait quitter le territoire syrien dans les deux prochains mois.
Ce désengagement intervient alors que les forces américaines se sont déjà retirées de bases stratégiques dans l’est du pays, notamment celles d’Al-Tanf, située au carrefour des frontières syrienne, irakienne et jordanienne, et d’Al-Shadadi, dans le nord-est. Washington affirme que cette décision n’est pas liée au renforcement actuel de son dispositif militaire au Moyen-Orient face aux tensions avec l’Iran.
Un haut responsable américain cité par la presse explique que la transition est rendue possible par l’évolution de la situation sur le terrain : le gouvernement syrien a consolidé son contrôle sur une grande partie du territoire et les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes et longtemps partenaires clés de la coalition contre Daech, se sont engagées à s’intégrer dans les structures étatiques. Par ailleurs, les États-Unis ont transféré ces derniers mois des milliers de combattants de l’organisation terroriste vers des centres de détention sécurisés en Irak.
Mais à Bagdad, cette perspective suscite de vives inquiétudes. Selon des sources politiques irakiennes, le gouvernement et les milices chiites redoutent que le vide laissé par les forces américaines ne favorise une résurgence de l’organisation terroriste État islamique. Une partie du contrôle de la frontière syro-irakienne reviendra désormais à l’armée syrienne dirigée par le président Ahmad al-Sharaa, dont certaines composantes incluraient des éléments sunnites jihadistes.
Des responsables irakiens craignent également que ce redéploiement ne modifie les équilibres régionaux, avec la montée d’un "croissant sunnite" au détriment de l’axe chiite déjà fragilisé. En réponse, l’armée irakienne et les milices alliées ont renforcé leur présence le long de la frontière et se préparent à différents scénarios, y compris d’éventuelles frictions avec les nouvelles autorités syriennes.