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Une femme arrêtée à Alep en Syrie pour des soupçons de sorcellerie
Identifiée par les seules initiales A.Y., la femme aurait été interpellée après la diffusion d’une vidéo la montrant brûler un objet lors d’un rituel présumé.


Les autorités syriennes ont ouvert une enquête contre une femme soupçonnée de s’être livrée à des pratiques de « sorcellerie » à Alep, après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.
La suspecte, dont l’identité n’a été révélée que par les initiales A.Y., aurait depuis été placée en état d’arrestation, selon le média arabe indépendant Al-Mashhad.
https://x.com/i/web/status/2098947600032452965
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Les Forces de sécurité intérieure syriennes ont annoncé lundi examiner les faits afin de prendre les « mesures judiciaires nécessaires ». Elles affirment que leur intervention s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les « pratiques frauduleuses » et l’exploitation de la population.
Les images diffusées en ligne montrent une femme présentée comme A.Y. en train de brûler un objet non identifié sur une pierre. Plusieurs personnes se rassemblent autour d’elle et l’interrogent sur ses agissements.
La confrontation dégénère ensuite. Des membres de la foule éteignent le feu avant de sembler donner des coups de pied à la femme.
Les autorités n’ont pas précisé la nature exacte de l’objet brûlé ni les infractions susceptibles d’être retenues. L’appartenance religieuse de la suspecte n’a pas davantage été communiquée.
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les minorités religieuses de Syrie. Alep, ville à majorité sunnite qui abrite également une importante population chrétienne, compte notamment une petite communauté yézidie.
L’État syrien ne reconnaît pas les Yézidis comme un groupe religieux indépendant. En Syrie comme en Irak, cette communauté a régulièrement été persécutée en raison d’accusations de « culte du diable » ou de « sorcellerie ».
Dans un rapport publié en 2023, la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale accusait la police des mœurs de Hayat Tahrir al-Sham, connue sous le nom de Hisba, d’avoir tué, violé et dépouillé des membres de minorités religieuses à Deir ez-Zor après les avoir notamment accusés de prostitution ou de sorcellerie.
Hayat Tahrir al-Sham était alors classé comme organisation terroriste par les États-Unis et le Royaume-Uni. Après la prise du pouvoir en Syrie par les forces du président Ahmed al-Charaa en décembre 2024, Washington et Londres ont retiré le groupe de leurs listes d’organisations terroristes et allégé une partie des sanctions visant le pays.
Ces dernières années, plusieurs femmes ont par ailleurs été tuées en Syrie après avoir été accusées de sorcellerie. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une femme a été abattue l’an dernier par des hommes armés à Nawa, dans la province de Deraa. Un cas similaire avait été recensé un an auparavant dans la localité voisine de Nahj.