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- Vingt-six ans après le "discours de la toile d’araignée" de Nasrallah, Tsahal contrôle le stade de Bint Jbeil
Vingt-six ans après le "discours de la toile d’araignée" de Nasrallah, Tsahal contrôle le stade de Bint Jbeil
La localité est passée sous le contrôle opérationnel de l’armée israélienne en une semaine


Vingt ans après la deuxième guerre du Liban, les forces des 98e et 91e divisions de Tsahal ont achevé la prise de contrôle de Bint Jbeil, bastion historique du Hezbollah dans le sud du Liban, dans le cadre de l’opération "Rugissement du lion". Encerclée conjointement par les deux divisions, la localité est passée sous le contrôle opérationnel de l’armée israélienne en une semaine, selon Tsahal.
Au cours des combats dans la région, l’armée affirme avoir détruit plus de 1 500 infrastructures terroristes et éliminé plus de 500 terroristes. Des armes, des postes de commandement et des installations du Hezbollah auraient notamment été découverts au sein de bâtiments et d’infrastructures civils. La 91e division poursuit désormais les opérations de ratissage et la destruction des positions restantes.
Depuis Maroun al-Ras, qui domine la région, le paysage paraît calme. Mais les forces israéliennes soulignent que le secteur est encore loin d’être entièrement sécurisé. Malgré la prise de contrôle des principaux axes, des cellules du Hezbollah coupées de leur commandement continueraient d’opérer dans la zone. La semaine dernière, des terroristes ont ainsi ouvert le feu à courte distance contre une unité israélienne, blessant grièvement un officier.
L’entrée dans Bint Jbeil rappelle inévitablement les violents affrontements de l’été 2006. C’est dans les ruelles de cette localité que le commandant adjoint du 51e bataillon de la brigade Golani, le commandant Roi Klein, avait été tué après s’être jeté sur une grenade pour sauver ses hommes. Certains des officiers aujourd’hui présents sur le terrain avaient eux-mêmes combattu dans la région comme jeunes commandants il y a vingt ans.
Au milieu des destructions se dresse un lieu chargé d’une forte dimension symbolique : le stade de football de Bint Jbeil. Ses tribunes sont aujourd’hui en ruines, sa pelouse synthétique déchirée et ses cages métalliques déformées. C’est pourtant ici qu’en 2000, peu après le retrait israélien de la zone de sécurité du sud du Liban, Hassan Nasrallah avait prononcé son célèbre "discours de la toile d’araignée".
Le dirigeant du Hezbollah y avait comparé la société israélienne à une toile fragile, susceptible de se déchirer rapidement malgré sa puissance militaire apparente. Vingt-six ans plus tard, ce même stade se trouve sous le contrôle de Tsahal, dans une ville qui constituait autrefois l’un des principaux symboles politiques et militaires de l’organisation terroriste chiite.
L’avenir du secteur reste toutefois incertain. Bint Jbeil apparaît désormais comme une ville fantôme largement détruite, après des semaines de combats. Pour les habitants du nord d’Israël évacués de leurs foyers, la question centrale demeure celle du dispositif qui sera instauré le long de la frontière.
Israël n’a pas encore clairement indiqué si Bint Jbeil et les localités environnantes seront intégrées à une nouvelle zone de sécurité, si Tsahal finira par s’en retirer dans le cadre d’un accord ou si l’armée entend maintenir durablement sa présence et poursuivre son avancée dans le sud du Liban.