Isaac Herzog rappelle qu'une grâce éventuelle de Benjamin Netanyahou doit respecter la loi israélienne
Le président israélien a précisé qu'en tant que chef de l’État, il dispose d’une autorité de grâce, mais ne détient pas de pouvoir exécutif direct


Le président israélien Isaac Herzog a réagi samedi aux appels du président américain Donald Trump en faveur d’une grâce accordée au Premier ministre Benjamin Netanyahou. Lors d’une interview accordée à Fox News, le chef de l’État a souligné que toute décision en la matière devait être prise strictement conformément au droit israélien.
Herzog a d’abord rappelé que la question n’était actuellement pas à l’ordre du jour. Selon lui, les procédures judiciaires concernant le Premier ministre sont suspendues en raison de la guerre en cours. "Pendant la guerre, il n’y a aucune procédure. Le Premier ministre est entièrement concentré sur la conduite de la guerre", a-t-il expliqué.
Le président israélien a également précisé la nature de ses pouvoirs institutionnels. En tant que chef de l’État, il dispose d’une autorité de grâce, mais ne détient pas de pouvoir exécutif direct, un rôle comparable à celui de nombreux présidents dans les systèmes parlementaires européens. Il a souligné que l’exercice de ce pouvoir reste encadré par la loi et par une procédure formelle impliquant l’avis d’autorités compétentes.
"Je suis tenu de respecter la loi israélienne et de suivre la procédure prévue. Je dois attendre les avis des autorités concernées avant de pouvoir examiner sérieusement une telle demande", a-t-il déclaré, ajoutant que la question ne pouvait être traitée qu’à travers les mécanismes juridiques appropriés.
Les propos d’Herzog interviennent après les déclarations critiques de Donald Trump à son encontre. Dans une interview accordée au journaliste Barak Ravid pour Axios, le président américain avait vivement reproché au chef de l’État israélien de ne pas avoir encore accordé de grâce à Benjamin Netanyahou. Trump avait estimé que cette décision devrait être prise immédiatement afin de permettre au Premier ministre de se concentrer exclusivement sur la guerre contre l’Iran.
Le président américain avait également affirmé qu’Isaac Herzog lui aurait auparavant indiqué être prêt à accorder cette grâce, tout en l’accusant de retarder la décision pour des raisons politiques.
Interrogé sur ces déclarations, Herzog a tenu à exprimer son respect envers Donald Trump, qu’il a décrit comme "un leader du monde libre". Toutefois, il a insisté sur le fait que l’affaire relève d’une question interne à Israël et qu’il est tenu, en tant que président, de respecter strictement les institutions et la législation de son pays.