Israël s'inquiète d'un plan américain confiant à la Syrie un rôle au Liban
Benjamin Netanyahou doit tenir une réunion spéciale consacrée à la Syrie et au Liban, après des déclarations de Donald Trump suggérant que Damas pourrait contribuer à gérer la menace du Hezbollah.


Israël s'inquiète de plus en plus des intentions américaines concernant le Liban et le rôle que Washington pourrait vouloir confier au régime syrien d'Ahmed al-Charaa.
Selon Channel 12, le Premier ministre Benjamin Netanyahou doit tenir mercredi une réunion spéciale consacrée à la Syrie et à son lien avec le dossier libanais.
Cette discussion intervient après plusieurs déclarations du président américain Donald Trump, qui aurait laissé entendre que la responsabilité de gérer la menace du Hezbollah pourrait être transférée au régime syrien.
À Jérusalem, ces propos suscitent une vive inquiétude. Des responsables israéliens estiment qu'il ne s'agit pas seulement de déclarations publiques, mais de développements concrets en cours de préparation en coulisses, sans coordination ni accord d'Israël.
Selon le rapport, Israël a relevé ces dernières semaines des signes indiquant qu'Ahmed al-Charaa chercherait à renforcer son influence sur certaines zones du Liban, notamment dans les régions frontalières longtemps utilisées pour la contrebande d'armes.
Les responsables israéliens redoutent un retour à la situation qui prévalait avant 2005, lorsque la Syrie exerçait une influence dominante au Liban.
Les inquiétudes portent aussi sur le rapprochement croissant entre Damas, Washington et plusieurs États du Golfe, qui pourrait offrir à la Syrie un rôle accru dans les affaires libanaises.
Donald Trump a récemment déclaré que Netanyahou devait être « plus responsable » concernant le Liban. Il a également suggéré que la Syrie pourrait « s'occuper du Hezbollah » à la place d'Israël, affirmant être déçu qu'Israël ne parvienne pas à neutraliser l'organisation terroriste sans détruire des bâtiments.
De son côté, Ahmed al-Charaa a déclaré dans une interview accordée à une radio du Golfe que la Syrie pouvait contribuer à une solution, mais qu'elle n'entendait pas entrer en guerre contre le Hezbollah.
« La Syrie peut être un acteur fiable pour chercher une voie sûre vers une solution, mais cela ne signifie pas la guerre », a-t-il affirmé.
Pour Israël, l'idée de confier à Damas un rôle central dans la gestion du Hezbollah représente un risque stratégique majeur, alors que les discussions entre Washington et Téhéran placent déjà le Liban au cœur des négociations régionales.