Jonathan Pollard met en garde contre la colère grandissante des soldats de Tsahal
Beaucoup de soldats estiment que les règles qui leur sont imposées accordent un poids excessif aux pressions internationales et à la protection des civils ennemis


Jonathan Pollard affirme avoir recueilli, depuis le début de la guerre, les témoignages de nombreux soldats de Tsahal engagés contre le Hamas et le Hezbollah. Selon lui, une même frustration revient dans leurs propos : le sentiment que les responsables de la doctrine sécuritaire qui a conduit aux défaillances précédant le massacre du 7 octobre n'ont pas véritablement rendu de comptes.
Les soldats interrogés reprocheraient également à l’état-major et à une partie de la classe politique de ne pas viser une victoire militaire décisive. À leurs yeux, Israël serait revenu à une logique de gestion de la menace plutôt qu’à son élimination. Beaucoup critiquent aussi des règles d’engagement qu’ils jugent trop restrictives et dangereuses pour les combattants, estimant qu’elles accordent un poids excessif aux pressions internationales et à la protection des civils ennemis au détriment des soldats israéliens.
Jonathan Pollard rapporte par ailleurs un profond ressentiment concernant l’inégalité des sanctions disciplinaires. Certains militaires comparent le traitement réservé aux soldats de la brigade Givati à celui des réservistes de l’armée de l’air qui avaient menacé de suspendre leur service pendant la crise sur la réforme judiciaire.
Autre sujet de colère : le sentiment de combattre à nouveau sur des territoires pour lesquels les générations précédentes s’étaient déjà sacrifiées. Les exemptions militaires accordées aux orthodoxes nourriraient également un fort sentiment d’injustice parmi les combattants.
L’un des soldats interrogés a comparé cette lassitude aux mutineries de l’armée française en 1917. Jonathan Pollard rappelle que ces mutineries n’avaient pas signifié l’abandon du front, mais le refus de participer à des offensives jugées inutilement meurtrières après le désastre de l’offensive Nivelle. Les soldats français avaient continué à défendre leurs positions tout en exigeant une stratégie plus réaliste et un commandement plus compétent.
Selon Jonathan Pollard, Tsahal n’est pas au bord d’un scénario similaire. Il avertit toutefois que l’absence de responsabilités clairement établies et de réformes profondes pourrait continuer à éroder la confiance des combattants envers leur hiérarchie. Leur revendication, conclut-il, n’est pas de renoncer au combat, mais de disposer d’une doctrine et d’une stratégie permettant de vaincre sans pertes qu’ils jugent évitables.