"Nous ne permettrons pas que la vérité soit étouffée", assure le père de Roni Eshel, soldate tuée le 7 octobre
Eyal Eshel a dénoncé un décalage entre les dirigeants et les familles endeuillées


L'émotion était vive jeudi soir sur la place des Otages à Tel-Aviv, où Eyal Eshel, père de la soldate observatrice de Tsahal Roni Eshel, tuée lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, a livré un discours marqué par la douleur et la colère.
Prenant la parole lors d'un rassemblement organisé à l'occasion du 1 000e jour depuis le massacre, il a vivement critiqué plusieurs responsables politiques israéliens pour leurs déclarations récentes. Évoquant notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui avait récemment répondu avoir "perdu du poids" lorsqu'on lui demandait ce qui avait changé chez lui depuis le 7 octobre, Eshel a dénoncé un décalage entre les dirigeants et les familles endeuillées.
Il a également pris pour cible le ministre des Finances Betsalel Smotrich, qui avait affirmé que les otages étaient revenus grâce à son action, ainsi que plusieurs autres membres de la coalition gouvernementale, accusés selon lui de présenter une vision déconnectée de la réalité vécue par les victimes du 7 octobre.
Face à ces déclarations, Eyal Eshel a rappelé que, pour lui, le temps s'était arrêté le jour où sa fille a été tuée. "Il y a eux, et puis il y a moi", a-t-il déclaré, expliquant que sa vie avait été bouleversée à jamais par la perte de sa fille, affectueusement surnommée "Ronki".
Dans l'un des passages les plus marquants de son intervention, il s'est adressé directement à sa fille disparue, lui promettant que sa famille continuerait à se battre pour que toute la vérité soit établie sur les événements du 7 octobre. "Nous ne permettrons pas que la vérité soit étouffée", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il refusait que la mort de sa fille soit réécrite ou instrumentalisée par d'autres.
Son discours s'inscrivait dans une série de témoignages prononcés lors de cette journée de commémoration, alors que de nombreuses familles de victimes, survivants et anciens otages continuent de réclamer une commission d'enquête d'État sur les défaillances ayant conduit à l'attaque la plus meurtrière de l'histoire d'Israël.