Six ex-otages racontent leur survie dans les tunnels du Hamas grâce à la foi
"J’ai ressenti le besoin de dire merci pour la nourriture, pour l’eau, pour tout. Je ne savais pas comment faire, et ils me l’ont appris", a révélé Ohad Ben-Ami


Dans une interview poignante diffusée sur la chaîne israélienne N12, six anciens otages détenus par les terroristes du Hamas dans les tunnels de Gaza ont livré leurs témoignages. Ohad Ben-Ami, Bar Kuperstein, Elkanah Bohbot, Segev Kalfon, Maxim Herkin et Yossef Haim Ohana y décrivent comment la foi et les liens humains ont été des ressorts essentiels pour tenir face à l’épreuve.
L’un des moments les plus marquants évoqués par Yossef Haim Ohana remonte à leur première célébration commune de Shabbat, peu après que les six hommes ont été regroupés dans un même tunnel. Deux jours après leur réunion, ils ont improvisé une cérémonie d’accueil du vendredi soir. "Ils nous ont dit: 'Venez, on fait le kiddouch.' Nous avons mis des feuilles de papier sur la tête comme kippot", raconte-t-il. Les chants familiers ont alors pris une intensité inattendue. "Ils chantaient de toutes leurs forces, l’endroit tremblait. Nous avons senti que c’était bon d’être ensemble."
Bar Kuperstein décrit cet instant comme l’un des plus puissants de toute leur captivité. Au fil des semaines, ces rituels improvisés, chants, prières, fêtes, sont devenus des repères. Segev Kalfon explique même avoir cousu des kippot de fortune à partir d'un vêtement de Ben-Ami, preuve de l’importance prise par ces symboles dans un environnement dénué de tout.
Ohad Ben-Ami, qui se définit comme laïc et issu d’un kibboutz, confie que l’expérience l’a profondément transformé. "J’ai ressenti le besoin de dire merci pour la nourriture, pour l’eau, pour tout. Je ne savais pas comment faire, et ils me l’ont appris", dit-il. Selon lui, le groupe évoquait souvent l’idée d’une providence divine, chacun ayant frôlé la mort lors du massacre du 7 octobre. "Peut-être qu’il y avait un Dieu qui voulait que nous survivions", explique-t-il.
Interrogé sur l’impact de ces événements sur la foi, Maxim Herkin répond sans détour. À ceux qui lui demandent où était Dieu ce jour-là, il affirme que la responsabilité incombe aux hommes. "Ce qui s’est passé le 7 octobre est le résultat de choix humains. On ne peut pas en rendre le Créateur responsable."