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Naftali Bennett : "Si nous perdons les élections, je ne sais pas ce qu'il adviendra d'Israël"
Selon lui, le pays suit aujourd'hui une "trajectoire suicidaire" qu'il faut impérativement corriger dès la prochaine législature


À quelques mois des prochaines élections, l'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett affiche un discours résolument alarmiste sur l'avenir du pays. Dans un entretien accordé au podcast Manguenon, il estime que le scrutin à venir est décisif, allant jusqu'à déclarer que si son camp échoue, "je ne sais pas ce qu'il adviendra de l'État d'Israël". Selon lui, le pays suit aujourd'hui une "trajectoire suicidaire" qu'il faut impérativement corriger dès la prochaine législature.
Bennett assure que les électeurs retrouveront le même dirigeant qu'en 2021, mais "en mieux". Fort de son expérience à la tête du gouvernement, il promet d'être plus efficace et affirme qu'en cent jours seulement, son équipe serait capable de lancer des réformes que plusieurs générations de dirigeants n'ont pas réussi à mener. Il insiste toutefois sur le fait que son objectif n'est pas le poste de Premier ministre en lui-même, mais le remplacement du gouvernement actuel et le redressement du pays. Il dit vouloir gouverner aux côtés de Gadi Eisenkot, qu'il qualifie d'"excellent", tout en se présentant comme le mieux placé pour diriger cette alternance.
Sur le plan régional, Bennett estime qu'Israël peut encore bâtir une alliance stratégique avec l'Arabie saoudite, malgré les exigences actuelles liées à la question palestinienne. Il attribue le durcissement de la position arabe à la politique du gouvernement actuel et aux déclarations de certains ministres, notamment celles du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir. Selon lui, un changement de ton, accompagné d'une diplomatie active et d'une vision régionale positive, permettrait de recréer les conditions d'une normalisation. Il affirme toutefois qu'il ne mettra jamais en danger la sécurité d'Israël en acceptant la création d'un État palestinien.
Concernant la Judée-Samarie, Bennett réaffirme son soutien à la construction dans les zones C lorsqu'elle est conforme à la loi, tout en promettant l'évacuation des avant-postes illégaux et des constructions érigées sur des terres privées palestiniennes. À ses yeux, les zones C sont destinées à faire partie d'Israël, tandis que les zones A et B resteraient sous administration palestinienne.
L'ancien Premier ministre développe également une vision différente de la conduite de la guerre. Il critique les conflits prolongés, qu'il juge destructeurs pour l'économie, les réservistes et la position diplomatique d'Israël. S'il revenait au pouvoir, il lancerait une offensive diplomatique visant à promouvoir une "renaissance israélienne" et un nouveau partenariat régional. Il plaiderait clairement en faveur d'une "nouvelle Gaza" et d'un "nouveau Liban", tout en réaffirmant que l'objectif resterait la destruction du Hamas. Bennett affirme également qu'Israël doit préciser qu'il n'a aucune ambition territoriale à Gaza ou au Liban afin de restaurer son crédit sur la scène internationale.
À propos de l'Iran, il privilégie une stratégie de long terme visant à accélérer la chute du régime par des moyens économiques, diplomatiques, cybernétiques et clandestins plutôt que par une escalade militaire continue. L'objectif, explique-t-il, est d'empêcher Téhéran d'obtenir l'arme nucléaire jusqu'à un changement de régime qu'il juge inévitable.
Sur le plan intérieur, Bennett présente un vaste programme de réformes qu'il compare à un "plan Marshall" pour Israël. Il se prononce désormais en faveur de l'adoption d'une véritable Constitution inspirée de la Déclaration d'indépendance, destinée à stabiliser durablement les institutions. Il considère également que l'intégration des orthodoxes dans le service militaire et dans la société constitue une priorité absolue, dénonçant un système éducatif qui, selon lui, produit une partie de la jeunesse hostile au sionisme et à la démocratie. "C'est maintenant ou jamais", affirme-t-il, estimant que les prochaines années seront décisives pour préserver le caractère démocratique et sioniste de l'État d'Israël.