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À l’ONU, la France renonce à réclamer la démission de Francesca Albanese


L’ambassadrice de la France auprès de l'ONU à Genève s’est contentée d’évoquer des "déclarations répétées et extrêmement problématiques" émanant d’une rapporteuse spéciale

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Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations Unies pour les territoires palestiniens
Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations Unies pour les territoires palestiniensAP Photo/Gregorio Borgia

Alors que Paris avait annoncé vouloir exiger la démission de Francesca Albanese devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la France a finalement opté pour une position plus mesurée lors de la session tenue mercredi à Genève, a rapporté Politico mercredi soir.

Dans son intervention, l’ambassadrice et représentante permanente de la France auprès des Nations unies à Genève, Céline Jurgensen, n’a pas explicitement demandé le départ de la rapporteuse spéciale sur les territoires palestiniens. Elle s’est contentée d’évoquer des "déclarations répétées et extrêmement problématiques" émanant d’une rapporteuse spéciale, appelant l’ensemble des titulaires de mandat à faire preuve de "retenue, modération et discrétion", conformément à leurs fonctions.

Ce ton tranche avec les propos tenus quelques jours plus tôt par le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le 11 février, devant l’Assemblée nationale, il avait affirmé que les "provocations" de Francesca Albanese n’appelaient "qu’une seule réponse : sa démission", assurant que la France porterait cette exigence avec fermeté lors de la session du Conseil.

Interrogé sur ce changement apparent de position, le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, a renvoyé aux déclarations antérieures du ministre. Selon lui, Jean-Noël Barrot considère toujours que les "provocations répétées" de Mme Albanese devraient l’amener, par dignité, à se retirer.

Video poster
France : des élus contre Albanese : 50 députés veulent des sanctions contre la rapporteuse de l'ONU

La polémique trouve son origine dans une intervention télévisée récente de Francesca Albanese, au cours de laquelle elle a évoqué un "ennemi commun" de l’humanité en parlant d'Israël. Plusieurs critiques ont dénoncé des propos à connotation antisémite visant l’État hébreu, une accusation que l’intéressée a catégoriquement rejetée, estimant que ses paroles avaient été déformées et qu’elles ne visaient pas Israël en tant que tel.

La controverse a rapidement pris une dimension internationale. Plusieurs pays européens ont appelé à sa démission. L’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, a salué l’initiative française, accusant Paris de ne pas en faire suffisamment dans la lutte contre l’antisémitisme.

Figure controversée, Francesca Albanese s’est régulièrement exprimée de manière très critique sur la conduite de la guerre d’Israël contre les terroristes du Hamas à Gaza. Elle a à plusieurs reprises qualifié les actions israéliennes de "génocide". Washington a d’ailleurs pris des sanctions à son encontre : le secrétaire d’État Marco Rubio l’a accusée d’afficher un "mépris ouvert" envers les États-Unis, Israël et l’Occident.


Sur le plan institutionnel, les marges de manœuvre restent toutefois limitées. Les États membres de l’ONU ne disposent d’aucun mécanisme simple pour contraindre un rapporteur spécial à démissionner avant la fin de son mandat, prévue en 2028, sauf à faire adopter une résolution du Conseil des droits de l’homme, une hypothèse jugée peu probable en coulisses par des diplomates français et onusiens. Francesca Albanese, de son côté, a affirmé qu’elle n’avait aucune intention de quitter ses fonctions.

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