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Ahmed al-Sharaa refuse pour l’heure d’affronter le Hezbollah
Alors que Donald Trump estime que la Syrie pourrait prendre en charge le dossier du Hezbollah à la place d’Israël, le président syrien Ahmed al-Sharaa se montre réticent.


Le président syrien Ahmed al-Sharaa n’envisage pas, à ce stade, de lancer une opération militaire contre le Hezbollah au Liban, malgré les déclarations récentes de Donald Trump affirmant que Damas pourrait mieux « s’occuper » du mouvement pro-iranien à la place d’Israël.
Selon une source syrienne citée par la chaîne publique israélienne Kan 11, le dirigeant syrien craint qu’une telle intervention soit perçue dans le monde arabe comme une action menée au service des intérêts israéliens, au risque de fragiliser sa légitimité régionale.
Toujours selon cette source proche du pouvoir syrien, toute implication militaire de Damas contre le Hezbollah reste exclue tant qu’Israël maintient sa présence dans les zones du sud de la Syrie conquises après la chute du régime de Bachar el-Assad.
Le retrait de Tsahal de ces secteurs constituerait l’une des principales exigences syriennes avant d’envisager une évolution de sa position.
La question a pris une nouvelle dimension après les déclarations du président américain Donald Trump mardi.
Le locataire de la Maison Blanche a affirmé qu’Ahmed al-Sharaa et la nouvelle Syrie pourraient jouer un rôle majeur dans le démantèlement des capacités militaires du Hezbollah, laissant entendre que cette mission pourrait être assurée par Damas plutôt que par Israël.
Selon plusieurs informations relayées ces derniers mois, cette hypothèse a effectivement été évoquée dans différents canaux diplomatiques régionaux.
Ahmed al-Sharaa a toutefois récemment clarifié sa position.
Le président syrien affirme que ses priorités se limitent actuellement à la sécurisation de la frontière syro-libanaise et à la lutte contre les trafics d’armes destinés au Hezbollah.
Aucune opération militaire syrienne sur le territoire libanais n’est envisagée, selon ses déclarations.
La prudence syrienne est également encouragée par Ankara.
D’après Kan 11, la Turquie aurait récemment transmis des messages aux autorités syriennes les invitant à éviter toute confrontation directe avec le Hezbollah.
Ankara craindrait qu’une telle initiative ne renforce davantage la position stratégique d’Israël dans la région.
De nouveaux détails ont également émergé concernant une réunion organisée entre représentants israéliens et libanais.
Selon ces informations, Donald Trump aurait proposé que l’armée syrienne joue un rôle central dans un futur processus de désarmement du Hezbollah.
L’idée aurait toutefois suscité des réserves des deux côtés.
Israël douterait de la capacité réelle de la Syrie à affronter le mouvement chiite, tandis que le Liban s’opposerait à la présence d’une armée étrangère sur son territoire.
Plusieurs responsables israéliens continuent par ailleurs d’exprimer leur méfiance à l’égard des discussions en cours entre Washington et les acteurs régionaux.
Selon eux, certains arrangements actuellement négociés pourraient, à terme, renforcer le Hezbollah sur le plan politique et sécuritaire au lieu d’affaiblir durablement son influence.
Alors que l’administration Trump cherche à consolider le cessez-le-feu régional obtenu après l’accord avec l’Iran, la question du Hezbollah demeure l’un des principaux points de friction entre les différents acteurs impliqués dans les négociations.