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Iran : arrestations de figures réformatrices proches du président Pezeshkian
Le parquet de Téhéran accuse les personnes arrêtées de collusion avec les États-Unis et Israël, et d’avoir cherché à justifier des "actes terroristes"


Les autorités iraniennes ont lancé une vaste offensive contre le camp réformateur, en arrêtant plusieurs figures de premier plan proches du président Massoud Pezeshkian, une opération qui met en lumière les profondes limites de son pouvoir face aux centres décisionnels sécuritaires du régime. Les arrestations ont été menées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), dans un contexte de tensions persistantes après les récentes manifestations violemment réprimées.
Parmi les personnes interpellées figure Azar Mansouri, secrétaire générale du parti de l’Iran du peuple islamique et dirigeante du Front des réformistes, une coalition de près de 27 mouvements ayant joué un rôle clé dans l’élection de Pezeshkian. Mansouri s’était publiquement dite bouleversée par la mort de manifestants, dénonçant une "catastrophe" injustifiable, sans toutefois appeler au départ du guide suprême Ali Khamenei.
Dans ce qui apparaît comme une tentative de neutralisation systématique du leadership réformateur hors du gouvernement, les forces de sécurité ont également arrêté Ebrahim Asgharzadeh, responsable du comité politique du Front, ainsi que Mohsen Aminzadeh, ancien vice-ministre des Affaires étrangères sous la présidence de Mohammad Khatami. D’autres figures réformatrices ont été convoquées par la police, signe d’une volonté d’étouffer toute critique sur la gestion sécuritaire des protestations.
Le parquet de Téhéran accuse les personnes arrêtées de collusion avec les États-Unis et Israël, et d’avoir cherché à justifier des "actes terroristes", des accusations classiques utilisées pour discréditer l’opposition intérieure. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a justifié cette répression en affirmant que toute critique interne équivaut à un alignement avec "le régime sioniste et l’Amérique".
Ces arrestations interviennent après la diffusion d’une lettre signée par 17 militants réclamant un référendum libre et transparent pour instaurer un régime démocratique. Plusieurs signataires, dont des défenseurs des droits humains, ont été arrêtés. Par ailleurs, la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi s’est vu infliger une nouvelle peine de sept ans de prison, malgré une santé fragile.
Bien que Pezeshkian ait annoncé l’ouverture d’une enquête sur les manifestations, celle-ci ne devrait pas mettre en cause les Gardiens de la révolution. Le silence du président face à l’arrestation de ses soutiens souligne l’emprise intacte de l’appareil sécuritaire et la faiblesse du camp réformateur, malgré une victoire électorale nette en juin 2024.