"Arrogance" et "irresponsabilité" : d'anciens otages s'en prennent à Netanyahou et Smotrich
Eli Sharabi s'en est notamment pris à Betsalel Smotrich, qui a récemment affirmé que les otages avaient été libérés grâce à son action


Deux anciens otages du Hamas ont vivement critiqué jeudi certaines déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahou et du ministre des Finances Betsalel Smotrich, à l'occasion du 1.000e jour écoulé depuis l'attaque du 7 octobre 2023.
Lors d'un entretien accordé à la radio publique Kan Reshet Bet, Eli Sharabi, ancien otage à Gaza, a fustigé la réponse donnée récemment par Benjamin Netanyahou lors d'une interview à la chaîne 14. Interrogé sur ce qui avait changé chez lui depuis le 7 octobre, le Premier ministre avait répondu avec ironie qu'il avait "perdu du poids".
"Encore une déclaration embarrassante de la part de personnes qui prétendent être des dirigeants de l'État d'Israël et du peuple juif", a réagi Sharabi.
L'ancien otage s'en est également pris à Betsalel Smotrich, qui a récemment affirmé que les otages avaient été libérés grâce à son action. Pour Sharabi, de tels propos sont déplacés au regard du traumatisme vécu par les familles touchées par l'attaque du Hamas. "Le 7 octobre et les nombreux jours qui ont suivi sont devenus des jours de catastrophe et de deuil national pour des milliers de familles. Ce genre de déclarations relève de l'arrogance et de l'irresponsabilité", a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, Omri Miran, lui aussi ancien otage détenu pendant deux ans après avoir été enlevé à son domicile du kibboutz Nahal Oz, avait appelé Benjamin Netanyahou à assumer ses responsabilités. Dans une interview accordée à Kan, il a reproché au chef du gouvernement de privilégier, selon lui, des considérations politiques plutôt que les leçons à tirer du 7 octobre.
"Assumez votre responsabilité et commencez à agir en conséquence", a-t-il lancé, critiquant notamment les débats autour de la loi sur l'exemption du service militaire pour les étudiants des yeshivot.
Omri Miran a également estimé que la société israélienne n'avait pas encore tiré toutes les conclusions de l'échec du 7 octobre. Selon lui, alors que des responsables militaires lui ont présenté des excuses et reconnu leurs erreurs, il ne perçoit pas la même attitude au sommet de l'État.
Revenant sur les déclarations de Smotrich concernant la libération des otages, Miran a dénoncé une tentative de s'attribuer des mérites indus. Il a notamment accusé le ministre d'avoir contribué à faire échouer plusieurs accords par le passé, estimant que certaines de ces occasions manquées auraient pu permettre de sauver davantage d'otages.
L'ancien captif a enfin évoqué son processus de réadaptation depuis son retour. "Se réveiller chaque matin chez soi paraît évident, mais cela ne l'était pas pendant deux ans", a-t-il confié. Évoquant le cap symbolique des 1.000 jours depuis le 7 octobre, il a rappelé que chaque journée compte pour ceux qui ont vécu la captivité : "Là-bas, j'étais peut-être en vie, mais je ne vivais pas."