"Je ne considérerai plus jamais la liberté comme acquise" : la nouvelle vie des anciens otages
"Je choisis la vie", a déclaré Eli Sharabi


Trois ans après le massacre du 7 octobre, plusieurs anciens otages du Hamas racontent à Reuters comment ils tentent de reconstruire leur vie, entre traumatismes persistants, nouveaux projets et volonté d'aller de l'avant. Le 7 octobre 2023, 251 personnes avaient été enlevées et emmenées dans la bande de Gaza.
Emily Damari, 30 ans, enlevée blessée à son domicile du kibboutz Kfar Aza et libérée en janvier 2025, explique que la captivité a profondément changé son rapport à la vie. "Aujourd'hui, j'ouvre le réfrigérateur et je dis merci. Je bois de l'eau froide et je dis merci", raconte-t-elle. Récemment mariée à l'influenceuse culinaire Danielle Amit, elle a également lancé une marque de mode en Israël. "Être libre, chez moi, entourée de ma famille et de mon peuple, c'est quelque chose que je ne considérerai plus jamais comme acquis."
Emily Hand, enlevée à l'âge de 8 ans au kibboutz Beeri et libérée en décembre 2023, trouve notamment un refuge dans le surf. "Quand je surfe, il n'y a que moi et la mer. Je ne pense à rien d'autre", confie-t-elle. Eli Sharabi, libéré en février 2025 après 491 jours de captivité, a quant à lui perdu son épouse Lianne, ses filles Noya et Yahel ainsi que son frère Yossi. Depuis son retour, il a participé à la création à Ashkelon d'un centre venant en aide aux familles confrontées aux traumatismes et au handicap, en mémoire de ses proches. "Je choisis la vie", affirme-t-il.
Doron Steinbrecher, libérée après 471 jours de captivité, dit puiser sa force dans sa famille, ses amis et tous ceux qui se sont battus pour son retour. Agam Berger, ancienne observatrice de Tsahal enlevée à la base de Nahal Oz et libérée après 482 jours, évoque elle aussi sa famille, le peuple israélien et son désir de transmettre de l'espoir.
Pour Hagar Brodutch, enlevée avec ses trois enfants et la jeune Avigail, la reconstruction reste un processus particulièrement difficile. Elle s'est récemment tournée vers la pâtisserie, qu'elle considère à la fois comme une thérapie et comme la possibilité de bâtir un nouvel avenir professionnel. "C'est bien plus qu'apprendre à faire de la pâtisserie. C'est trouver une nouvelle voie, créer quelque chose de mes propres mains et construire lentement un avenir", explique-t-elle.
Aviva et Keith Siegel, tous deux enlevés à Kfar Aza et libérés à plusieurs mois d'intervalle, tentent eux aussi de retrouver une vie normale. Aviva, qui avait milité pour la libération des otages pendant que son mari était encore retenu à Gaza, dit aujourd'hui puiser sa force dans leurs retrouvailles, leurs enfants et petits-enfants. "Je me sens très chanceuse d'être en vie", confie-t-elle.