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Gadi Eisenkot sur i24NEWS : "Israël a perdu son indépendance et Tsahal combat les mains liées"
Selon lui, les acquis militaires sont "dilués" par des considérations politiques et personnelles ainsi que par une logique de "guerre perpétuelle"


L'ancien chef d'état-major de Tsahal et ex-ministre Gadi Eisenkot a vivement critiqué jeudi soir la politique du Premier ministre Benjamin Netanyahou lors d'un entretien accordé à la chaîne en hébreu d'i24NEWS. Positionné comme l'une des principales figures du centre-gauche en vue des prochaines élections, Eisenkot a dénoncé la conduite de la guerre, exclu toute participation à un gouvernement dirigé par Netanyahou et défini plusieurs lignes rouges concernant la conscription des ultra-orthodoxes, la gouvernance de Gaza et les futures coalitions.
Évoquant l'escalade régionale et les tensions entre les États-Unis et l'Iran, Eisenkot a affirmé que la relation étroite entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou avait fini par limiter la liberté d'action d'Israël. "Israël a perdu son indépendance", a-t-il déclaré, estimant que Tsahal opérait aujourd'hui "les mains liées" au Liban et que Washington jouait un rôle central dans la gestion des opérations régionales.
L'ancien chef d'état-major a reconnu les succès militaires enregistrés ces deux dernières années, mais a accusé le gouvernement de ne pas les avoir traduits en avancées politiques ou stratégiques durables. Selon lui, les acquis militaires sont "dilués" par des considérations politiques et personnelles ainsi que par une logique de "guerre perpétuelle".
Eisenkot a également rejeté les accusations du Likoud le présentant comme un homme de gauche et a de nouveau défié Benjamin Netanyahou à un débat public. Il a affirmé que l'alliance entre Naftali Bennett et Yaïr Lapid constituait une erreur stratégique, estimant qu'une candidature séparée des différentes formations de l'opposition permettrait de maximiser le nombre de sièges du camp opposé au gouvernement.
Concernant les futures coalitions, Eisenkot a cité comme partenaires potentiels Naftali Bennett, Yaïr Lapid, Avigdor Liberman, Yaïr Golan ainsi qu'un Likoud sans Benjamin Netanyahou. En revanche, il a catégoriquement exclu Itamar Ben Gvir, qu'il a accusé de promouvoir une vision "fasciste" et d'avoir échoué dans la gestion de la sécurité intérieure.
Sur la question sensible de la conscription des orthodoxes, il a adopté une ligne particulièrement ferme. "Il n'y a pas de chèque en blanc pour les haredim", a-t-il lancé, affirmant qu'il préférerait retourner devant les électeurs plutôt que d'accepter une loi favorisant l'exemption du service militaire.
Interrogé sur l'avenir de Gaza, Eisenkot a estimé qu'une Autorité palestinienne réformée constituerait une option préférable au Hamas une fois l'organisation terroriste démantelée sur les plans militaire et politique. Il a également rejeté toute discussion immédiate sur une solution définitive au conflit israélo-palestinien, tout en soulignant la nécessité d'éviter la création d'un État binational.
Enfin, l'ancien chef d'état-major a pris la défense du système judiciaire israélien. Tout en se disant favorable à certaines réformes, il a insisté sur la nécessité de préserver une justice forte, indépendante et capable de protéger Israël et ses responsables militaires sur la scène internationale.