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La crise économique en Iran s'aggrave : l'inflation atteint des sommets
L’inflation frappe particulièrement les produits alimentaires, avec une hausse annuelle estimée à 72 % au moment du déclenchement des protestations en décembre


La crise économique qui secoue l’Iran continue de s’aggraver, alimentant une nouvelle vague de mécontentement au sein de la population, malgré la répression brutale des manifestations précédentes par le régime. Selon le Wall Street Journal, le rial iranien a poursuivi sa chute face au dollar, atteignant désormais près de 1,6 million de rials pour un billet vert, contre 1,4 million à la fin de l’année dernière, un seuil qui avait déjà déclenché la colère de commerçants descendus dans la rue. L’an dernier, la monnaie nationale a perdu 84 % de sa valeur face au dollar, érodant drastiquement l’épargne et le pouvoir d’achat des ménages.
L’inflation frappe particulièrement les produits alimentaires, avec une hausse annuelle estimée à 72 % au moment du déclenchement des protestations en décembre. Les prix des biens de première nécessité, riz, lait, légumes, continuent de grimper à un rythme soutenu. Certains témoignages évoquent des situations devenues absurdes, comme le coût de deux simples paquets d’épinards atteignant l’équivalent de 28 dollars.
Les commerçants de Téhéran, notamment les influents "bazaris", affirment qu’il leur est devenu impossible de vendre sans enregistrer de pertes. Ironie du sort, ces mêmes milieux avaient contribué à lancer le mouvement de contestation, aujourd’hui étouffé dans le sang. Des organisations de défense des droits humains évoquent des dizaines de milliers de morts et de détenus à la suite de la répression.
Dans ce contexte de tensions persistantes, le gouvernement dispose de moins en moins de marges de manœuvre pour stabiliser la situation. Téhéran insiste régulièrement sur la levée des sanctions américaines dans le cadre des discussions en cours avec Washington, estimant qu’un allègement des restrictions économiques serait indispensable pour amorcer un redressement.